Tableau des beautés de la nature [29GJ
4. Cf. l'épisode de Termosiris, la description de la Bélique, etc.
monde, qui faisaient l'âge d"or et qui étaient des siècles d'innocence et de tranquillité > ». C'est en vain que Voltaire a raillé ces naïfs qui s'obstinent à chercher le Paradis en arrière et à s'enchanter de la vision du « monde naissant - »; son Adam incivil et son Eve mal lavée ne sont point parvenus à se faire accepter des rêveurs et des poètes. Au moment même où Voltaire vient de travestir ironiquement ces bucoliques primitives et sacrées, les poètes continuent à chanter :
Qu'ètes-vous devenu, temps heureux, âge d'or, Où régnaient les plaisirs, amis de l'innocence? De ce siècle pervers, quand je vois la licence, Non, je n'espère plus de vous revoir encor, Temps heureux, âge d'or 3 !
Heureux le monde en son enfance.
Où l'homme, maître de son cœur, Dans la joie et dans l'innocence.
Trouvait un solide bonheur.
Fidèle aux lois de la nature
Et souverain de ses désirs.
Sans soin, sans trouble, sans murmure.
Il goûtait de parfaits plaisirs^.
Gresset résumait tous ces rêves et tous ces regrets dans une idylle satirique ^, où il se refusait à partager la foi de ses confrères. Il assurait :
Qu'en tout temps, l'homme fut coupable, En tout temps, il fut malheureux.
Mais, avant de détruire cette « chimère » de l'âge d'or, il