Les mœurs, 1, m
4. Cf., en 1676, La terre australe [166] : en 1677, les Sévarambes [167]; en 1703 et 1704 les Nouveaux voyages et les Dialogues de .1/. de
Tous ces voyages aux pays des rêves théologiques furent fort goûtés; et les romanciers, en quête de succès, étaient sûrs de l'obtenir, s'ils glissaient, parmi les aventures de leur héros, les discours de quelque vieux sage, qui, dans la solitude d'une île déserte, avait su retrouver la simplicité des lumières primitives, ou ceux d'un voyageur philosophe, exilé chez de « jeunes sauvages superstitieux », qui se contentait discrètement de leur prêcher la religion naturelle. Qu'on se rappelle, par exemple, les sermons du Fi-edelingue de Marivaux (1723) aux sauvages de son île : « C'est cet être, leur dis-je, qui a fait tout ce que vos yeux vous font voir; il est l'admirable ouvrier de toute la nature, de ce ciel parsemé d'éternelles clartés, et de ce soleil qui réchauffe les entrailles de la terre et qui donne la vie aux moindres plantes. — Ils écoutaient ce discours avec un sentiment intérieur qui leur faisait connaître que j'avais raison.... C'est ainsi que j'instruisais ces sauvages, et que, de jour en jour, je réveillais dans leur cœur ces sentiments de justice et de religion que tous les hommes apportent en naissant ^ ». L'abbé Terrasson fait faire par son Sethos (1731) une besogne analogue chez les anthropophages du Congo et de la Guinée. Sethos abolit leurs cultes abominables, et les remplace par une religion plus douce : le culte de « la déesse des vertus ». « Peuples du Congo, s'écrie-t-il,... il ne suffit pas d'avoir aboli un culte faux et criminel, il en faut élever sur ses ruines un qui soit raisonnable et digne de la Divinité.... Tous les peuples du monde s'accordent dans l'idée générale du premier Être, auteur et conservateur de la nature. Si les dieux de chaque nation ne sont autre chose que les divers symboles sous lesquels elles se représentent les
la Honlan [183 et 184]; en 1710, les Aventures de Jacques Masse [191j. On trouvera quel(iues indications sommaires sur ces dillérents romans lhéologi([ues dans Vlnlroduclion à mon édition de la Profession [47J, p. xx-xxui : cf. surtout le livre cité de G. Ghinard [631], 167-220.