Confessions, IX
4. Cf. Sayous, Le XVIII'- siècle à l'étranger [539], I, 169-173, et surtout la correspondance de Bonnet [133].
le christianisme consiste dans quelque idée de spéculation ou dans quelque notion particulière sur la personne de Jésus-Christ, sur la grâce, la prédestination, le libre arbitre. Ne voyez-vous pas que ce ne sont là que disputes de mots, livrées de partis, caractères de sectes.... Retenez ceci : tout dogme qui n'est pas lié à la pratique, n'est point un dogme. Dieu n'est point l'objet direct de la religion : c'est l'homme ». Lui aussi, il réduisait la prière à un simple hommage envers le Créateur, soutenait que les peines d'outre-tombe iraient sans cesse en diminuant jusqu'à disparaître, et demandait, avant le précepteur cVÉïnile, « que l'on ne parlât de Dieu et de la religion à l'enfant que lorsque sa raison aurait atteint une certaine maturité' ».
Un autre exemple, peut-être plus significatif encore, est celui de F'ormey. On sait que ce très médiocre compilateur, philosophe de librairie, en quête surtout d'une philosophie alimentaire, mérite quelquefois d'être interrogé, parce qu'il interprète assez fidèlement les exigences moyennes du public. On sait aussi, qu'en 1763 et 1764, il gagnera quelques louis en réfutant Jean-Jacques par un Anti-Émile et un Emile chrétien 2. Or ce Formey, dans un Essai sur la nécessilé de la révélation, qu'il avait fait paraître quelque vingt ans plus tôt, niait précisément cette « nécessité », et se montrait même, nous l'avons vu, plus affirmatif que le Vicaire Savoyard sur le salut universel de Ihumanilé. Comme Jean-Jacques, à la fin de sa Profession, il ramenait déjà le problème religieux au problème du bonheur : <■ Les ennemis de la religion chrétienne, disait-il, le sont en même temps du bonheur des hommes ». Cette constatation lui suffisait, et il ne se privait pas d'y insister ^. Mais nulle part il ne l'a présentée avec plus de candeur ou de cynisme, comme on voudra, que dans une longue lettre