‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 238 sur 241 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La fuite du 14 mars 1728; et si, sans elle, Jean-Jacques eût été « bon chrétien. »

I. — Genève religieuse au début du xviii" siècle. — La « petite SioD » calviniste. — La lldélité au passé et le progrès du « libertinage » : <> l'indilTérence de religion » et l'amour du luxe. — Ce qui subsiste de la « cité de Dieu » : le devoir et la mission du » magistrat chrétien ». — Genève, république chrétienne, ne renonce à rien de son idéal.

II. — Les origines morales de Rousseau. — Les Rousseau et les Bernard : ce qu'il y a d'un peu trouble dans leur passé.

— Les <. mœurs » de Suzanne Bernard et d'isaac Rousseau.

— L'influence du père : anarchie et fantaisie. — Le séjour à Bossey. — M. Lambercier : s'il fut un - berger indigne ». — Les « indécences » de la demoiselle Lambercier, et qu'elles furent bénignes. —L'influence du presbytère de campagne.

— Les années d'apprentissage : les « polissonneries » de Jean-Jacques - ;

III. — Ce que l'adolescent de Genève doit à son Église. — Son goût précoce des sermons. — Les prédicateurs de la Genève

d'alors : Turreltin, Pictet et consorts : Leur rhétorique moralisante. ^— Le culte genevois : la lecture de la Bible et les prières de la liturf>ie. — Le psautier national : sa musique; la foi providentialisti^ ([ui l'anime. — Le catéchisme des '< apprentifs ». el la rancune du calcchiinicne contre les <■ pédants " qui le lui ont enseigne. — La « Saintc-dène »; et que .Iean-Jaci[ues n'a pas reçu cette dernière initiation. — Qu'elle eût, d'ailleurs, peu ajouté à tout ce que Genève lui a laissé. — Ce (}ui restera de ■> maximes, de principes et de préjugés • genevois dans les croyances de liousseau. —La valeur de son christianisme au moment où il quitte Genève. 20

L — Où aller en quittant Genève? — Pourquoi Jean-Jacques n'4iésite pas et se dirige vers Confignon. — Un curé belliqueux : le gentilhomme savoisien, Benoît de l'ontverre. — Son voisinage redoutable à Genève : ses ■< conversions » ou ses conquêtes. — L'horreur traditionnelle du Genevois contre « l'idolâtrie romaine ». — Comment le curé de Conlignon et les autres savaient y remédier. — Leurs caresses et leurs promesses. — Les bons goîilers des presbytères catholiques; et que Jean-Jacques les connaissait depuis quelque temps. — Le dîner chez M. de Pontverre, épilogue d'une petite campagne de séduction et aboutissement d'un assez long travail intérieur. — La première rencontre avec Mme de Warens, et le souvenir iiioul)liable qu'elle laisse à Jean-Jacques. ... 39

II. — Le départ pour l'hospice de Turin; et qu'il fui volontaire. — Le séjour au Spirito Santo; et (jue l'auteur des Confessions, comme celui de VEmile, l'a fortement romancé. — Le registre de l'hospice, et la « conversion » en neuf jours. — Pourquoi Rousseau a voulu faire croire (ju'elle avait duré des « mois >■. — La vraie <■ conversion » faite à Genève et dans les presbytères de sa banlieue. — Qu'elle ne fut pas profonde, mais sincère, ou, du moins, sans révolte 49

III. — Les premières semaines de liberté, et la dértioralisation où elles le jettent. — L'abbé Gaime : ([ue Jean-Jacques ne l'a pas connu à l'hospice. -^'Dans quelle mesure il se confond avec le Vicaire Savoyard, et dans quelle mesure il s'en distingue. — S'il fut le protestant déguisé que nous présente VÉmile. — Sa vie « autant édifiante qu'intérieure ». — Son action salutaire sur Jean-Jacques. — Les premières relations du « converti » avec les gens d'Église, et le genre de satis- /action qu'il y trouve .53

1. — Le retour à Annecy. — La maison de Mme de Warens : une maison catholique. — La Vaudoise convertie, et l'histoire de celte conversion. — L'inlluence de Magny et du piétisme romand. — La fuite en Savoie : raisons intérieures et raisons d'affaires. — La philothée de M. de Bernex et la pensionnée du roi de Sardaigne. — Son catholicisme très sincère, mais très personnel et tout pénétré de piétisme. — La persistance de son • goût protestant », et ce qu'a pu en connaître Jeaa- Jacques gj

IL — Au séminaire d'Annecy; les déceptions de Jean-Jacques. — Le second « Vicaire Savoyard » : M. Ciâlier. — La foi du séminariste congédié : le certificat de miracle. — La vie à Chambéry dans les années suivantes. — Les amitiés ecclésiastiques : Jean-Jacques et ses « oncles » d'Église. — Le dirigé des jésuites, le protégé de M. de Bernex... et l'amant de « Maman ... — Son catholicisme très libre, mais très délibéré. — Sa déclaration à Mlle Giraud, et le testament de 1737. — Un converti qui paraît définitivement acquis à l'Eglise romaine 72

CHAPITRE IV L'AUTODIDACTE ET SON .. MAGASIN D'IDÉES » • — L'apprenti homme de lettres; le <■ moraliste » de dixneuf ans. — Ses lectures. — La bibliothèque de « Maman .■ : si Jean-Jacques y a trouvé la Vie dévote ou Vlmitation. — Les livres séculiers : Pufendorf, Saint-Evremond, Bayle et Voltaire : leur signification dans la bibliothèque d'une femme. — Rousseau échappe d'abord à l'esprit critique et philosophique. — Son programme d'études : « cultiver son esprit », mais « former son cœur >-. — Que c'est la méthode de son directeur intellectuel, le P. Lami, et de quelques moralistes d'alors, qu'il a beaucoup aimés : Claville, Saint-Aubin. — Importance de ces livres^ oubliés dans le développement de Jean- Jacques. — Rousseau homme de ses livres, c'est-à-dire des livres qu'il a lus. — L'autodidacte des Charmettes. — Les Charmettes plutôt un studieux ermitage qu'une maison d'idylle. —-La « librairie» y tient autant de place que le '< verger ». -- Éclectisme de cette librairie : science, religion et morale mêlées. — Comment Jean-Jacques lit ses livres et approvisionne « son magasin d'idées ». — Les émotions et les suggestions qu'il y trouve 8.3

. -- Les maîtres de la pensée religieuse d'alors. — Pourquoi

ne pas s'arrêter longuement à un grand nom comme Bossuet.

La religion de J. J. Rousseau. — I. 19

L'influence du « bon Fénelon ». — Lectures plus médiocres et plus décisives : le Mercure et la littérature édifiante. — Le Traité du vrai mérite, et sa philosophie « naturelle et chrétienne ». — Le Traité de iopinion, et la méliance à l'égard de la science. — Nieuwentyt, Pluche : connaissances scientifiques et humilité intellectuelle. — Abbadie et la vulgarisation de Pascal. — Glarke et la métaphysique spiritualiste. — Addison et le christianisme moral. — Marivaux, Terrasson, l'abbé Prévost, et tous les romanciers idéalistes de létat de « nature « 100

III. — Influence prolongée de tous ces livres; mais qu'ils n'entament pas alors sa foi. — La méthode du P. Lami, et la prédominance de la pensée du salut. — La ■■ dure théologie » de l'Oratoire, et la peur de l'enfer. — Un témoin de ces angoisses : l'épîlre Aux religieux de la Grande-Chartreuse. — En quoi elle annonce le philosophe de la .. nature ». — Les prières des Gharmettes. — Textes conservés : ampleur et émotion de ces prières écrites. — Ce qu'elles ont de chrétien; ce qu'elles ont encore de genevois et déjà d'inconsciemment déiste. — Comment les Gharmettes ont fait de Jean-Jacques un croyant pour toujours 115

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