‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 28 sur 241 · Emile, II · texte numérisé non relu

Emile, II

gnements du temple. Presque tous les exercices de piété, du dimanche ou de la semaine, faisaient place à l'Écriture Sainte. On la lisait le plus souvent dans le gros volume d'Oslerwald, pasteur de l'Église de Neucliàtel. que l'Église de Genève avait adopté dès son apparition ', Arguments et réflexions sur les livres et les chapitres de la Sainte Bible, où le commentaire mettait en valeur, pour chaque page du texte, les éléments apologétiques et surtout moralisateurs 2. Cette exégèse, aussi édifiante qu'édifiée, restera celle de Rousseau, et jamais il ne pourra voir la Bible avec des yeux voltairiens.

Si rudimentaire cjue fut la liturgie calviniste, les cérémonies dans les temples de Genève étaient encore des spectacles, dont une àme sensible et impressionnaldç devait goûter la simplicité, la gravité et l'émotion. Jean- Jacques, facile aux attendrissements, et dont la jeunesse n'avait pas encore eu le temps d'exténuer, par l'habitude, le contenu des formules sacrées, devait trouver des joies sérieuses à se laisser charmer dans le temple par les oreilles et par les yeux. Relisons cette page de la Nouvelle Hêloïse, où Julie raconte son mariage : « Le jour sombre de l'édifice, le profond silence des spectateurs, leur maintien modeste et recueilli, le cortège de tous mes parents, l'imposant aspect ae mon vénéré père, tout donnait à ce qui s'allait passer un air de solennité qui m'excitait à l'attention et au respect, et qui m'eût fait frémir à la seule idée d'un parjure. Je crus voir l'organe de la Providence et entendre la voix de Dieu dans le minisire prononçant gravement la sainte liturgie. La pureté, la dignité, la sainteté du mariage, si vivement exposées dans les paroles de l'Écriture, ses chastes et sublimes devoirs si importants au bonheur, à Tordre, à la paix, à la durée

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