‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 32 sur 241 · Confessions, VIII · texte numérisé non relu

Confessions, VIII

5. Cf. eu. Clienevière, Élude sur la réception des catéchumènes, Genève, Kùndig, 1905, in-8, p. 40 et 43.

6. Osterwald, Catéchisme (1702) [182], 289-290; Liturgie de Genève [258], 67-72.

L EMFANCE CALVINISTE. 37

OU — et, sans doute, Rousseau l'a compris — qu'une valeur verbale. Que les ministres du temple n'aient pas donné tonte satisfaction à son cœur, et que les souvenirs de son enlance soient devenus, dans son âge mûr, plus touchants et plus persuasifs (jue l'avait été la réalité môme, je le croirais volontiers. Mais, dans le fond, par toute son intelligence, cet enfant précoce avait adhéré pleinement à la religion de Genève; et celte adhésion, en dépit de reniements superficiels, il ne la retirera jamais. A travers toutes ses prédications, il restera le Genevois croyant, fier d'appartenir à un peuple élu" qui présente au monde le type humain dans sa perfection : « Le Genevois, a-t-il dit lui-même, se sent naturellement bon 1 »; et cette fierté nationale, élargie en système, deviendra toute sa philosophie. Élevé dans une « petite Sien » encore très strictement chrétienne, entouré d'abord de femmes dévotes, recueilli pendant deux ans par un pasteur de village, familiarisé très jeune avec la Bible, bercé au chant des psaumes, et les ayant chantés lui-même aux meilleurs jours de son adolescence, J.ean-Jacques parlera toujours de Dieu et de la Providence, avec une vivacité confiante, qui fera de son théisme autre chose qu'une métaphysique. Jamais il ne pourra regarder Jésus avec des yeux indifférents; il ne saura plus peut-être quelle foi il a en lui; mais il ne lui ménagera jamais ni sa tendresse, ni même sa piété. Rn quittant la Genève calviniste, Jean-Jacques emportait pour le reste de sa vie, suivant son propre aveu, « des maximes,, des principes, d'autres diraient des préjugés, qui ne font jamais tout à fait abandonné - ».

Pourtant ce Jean-Jacques, prématurément aigri, emporte aussi avec lui une rancœur, plus ou moins consciente, contre la cité malhaldle et dure, qui a tyrannisé et meurtri sa première jeunesse : ranc<i'ur où entre peut-être un désir de vengeance, et qui va lui faciliter les approches

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