‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 37 sur 241 · Id · texte numérisé non relu

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actuels à ses impressions d'autrefois, ou, du moins, glissait ceux-là derrière celles-ci, et n'oubliait pas assez, en se représentant chez M. de Pontverre, qu"il n'avait pas encore écrit la Profession de foi du Vicaire Savoyard : J'avais alors, nous dit-il, « l'aversion particulière à notre ville pour le catholicisme, qu'on nous donnait pour une affreuse idolâtrie, et dont on nous peignait le clergé sous les plus noires couleurs ' ». C'était vrai. L'horreur du papisme était à Genève comme l'envers du sentiment national, et l'éducation ne faisait que l'aviver. Les Catéchismes qu'on mettait aux mains des enfants s'achevaient en réquisitoires contre l'Eglise romaine -; rares étaient les sermons où « l'idolâtrie papiste » n'était pas flagellée au passage d'un mot âpre et méprisant. L'un des derniers sermons que put entendre le jeune Jean-Jaccfues traduisait en termes significatifs cette hostilité qui ne désarmait pas. Les Genevois célébraient le jubilé de la Réformation bernoise et, par avance, celui de leur propre Réformation :

Pensons, mes chers frères, disait l'orateui' de Saint-Pierre, pensons au triste état où nous nous trouverions encore, sans cette heureuse révolution. Sans cette ^ràce, nous serions encore plongés dans un abîme de superstition et d'idolâtrie ; nous nous prosternerions encore devant le bois et devant la pierre, nous adorerions encore un morceau de pâte; nous vénérerions encore une infinité de choses viles et méprisables, sous le nom de reliques. Sans cette grâce, nous serions encore les esclaves du pape, les esclaves de la cour de Rome, les esclaves d'une foule de moines, ignorants, fainéants, débauchés, avares, qui ne chercheraient qu'à nous sucer, du moins s'ils étaient semblables à ceux qui vivaient du temps de la Réiormation. Sans cette grâce, nous serions encore les sujets, dirai-je. ou les esclaves d'un ecclésiastique, dont les intérêts seraient, pour l'ordinaire,

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