‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 4 sur 241 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

que ron puisse étudier avec sûreté. Partout ailleurs, — du moins, jusqu'à la Révolution, car, dans la première moitié du xix* siècle, il y aura un déisme sentimental, à égale distance du christianisme et de l'idéologie sensualiste, dont Jean-Jacques sera le vrai patron, — son influence religieuse ou irréligieuse se confondrait avec celle des encyclopédistes, dont il reste, sans le savoir, l'associé. J'ai suivi, pendant quelque vingt ans après sa mort, les destinées de sa pensée, et je me suis arrêté au Génie du christianisme; ce n'est pas seulement parce que « la religion de Chateaubriand » est en excellentes mains \ ce n'est pas non plus parce qu'après le Génie, l'action religieuse de Rousseau serait épuisée, certes non; mais c'est qu'alors l'œuvre de restauration religieuse, qu'avait commencée Jean-Jacques, s'achève sous le pontificat de Chateaubriand, et au profit de ce dernier. Après 1802, le plus vivace du rousseauisme religieux est confisqué par l'auteur du Génie du christianisme. Encore une fois, c'est à Jean- Jacques que j'ai voulu me borner.

Comme on le verra, j'ai pu utiliser dans ce travail de nombreux documents inédits. Les différents dépôts d'archives de Genève, et surtout la Bibliothèque de Neuchâtel, gardent encore, pour l'historien de Rousseau, des richesses qui sont loin d'être épuisées; mais j'ai essayé de résister à la tentation qu'elles m'offraient, et

1. On sait que M. Victor Giraud prépare sur ce sujet un grand ouvrage, dont ses Études et Nouvelles éludes sur Chateaubriand [58S et 016] nous ont déjà donné beaucoup plus que des promesses ou des esquisses.

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