Id., VIII
entré dans cette confidence posthume un peu d'artifice littéraire, je serais tenté d'y voir, non point le repentir d'une âme religieuse, mais l'exaspération d'une sensibilité déjà maladive et sans éfjuililire K
Les semaines cpii suivirent la mort de Mme de Vercellis furent particulièrement inquiètes et démoralisantes. Rendu à la rue et à l'oisiveté, cherchant une diversion à ses désirs dans des amusements malsains et ridicules, hanté par des rêves d'une lascivité encore inconsciente de son objet, il est tout à la fois troublé par ce malaise du tempérament et talonné par la misère qui est venue 2. Dans cette double détresse, c'est chez un prêtre qu'il va trouver appui.
Il avait connu l'abbé Gaime chez Mme de Vercellis^. L'abbé lui avait, semble-t-il, rendu quelque service; mais Jean-Jacc{ues l'avait vite oublié : ce l'ut le besoin qui le ramena vers son ancien bienfaiteur. Peut-être ne voulait-il d'abord qu'utiliser cyniquement une bourse cju'il savait toujours prête à s'ouvrir ''^; mais, en demandant de l'argent à ce prêtre généreux et pauvre, il trouva, par surcroît, une amitié. L'abbé Gaime était un homme encore jeune \ 11 avait alors trente six ans. Paysan savoyard, (< destiné par son état à cultiver la terre », il n'était entré dans les ordres qu'après la trentaine, non pas, sans doute, parce cju'il avait eu des hésitations ou des scrupules, mais plutôt parce qu'il avait voulu terminer ses études avant d'accepter le sacerdoce. Il était maître-ès-arts de l'univer-