Confessions, VIII
4. Mémoire remis le 19 avril 17't2 à M. Boiulct, XII, 293-294; Boudet, Vie de M. de Bernex [277], II, 163; Confessions, VllI, 84-85.
LES ANNEES CATIIOLIOUES ET M"" DE W'ARENS. 7B
situation dans les dépendances et les alentours de l'Église. A l'automne de 1729, il entrait dans la maîtrise de la cathédrale. Il vécut là, nous dit-il, six mois de « bonheur et d'innocence »; et la cathédrale ne fut pas seulement le lieu de son u bonheur >', elle en fut un des éléments : << les chasubles des prêtres, les mitres des chantres, le bel et noble habit des chanoines », la musique émouvante de certaines hymnes, tel motet chanté par lui et par l'aimable Merceret, tandis que, sous la tribune, Mme de Warens les écoutait tous deux avec tant de plaisir, — toutes ces visions d'église lui laissaient encore, à près de quarante ans d'intervalle, un souvenir « ravi et attristé • ». Chez cet heureux chanteur de proses et de motets, qui semblait oublier qu'il avait été calviniste, une sensibilité catholique s'éveillait.
Elle n'eut pas le temps de s'épanouir : la vie vagabonde le reprit bientôt; et, quand il revint à Chambéry en 1732, après les tragi-comédies aventureuses de Lausanne, de Neuchàtel, de Soleure et de Paris, ses ambitions, sans être encore bien précises, étaient déjà plus laïques. Néanmoins, tant qu'il vivra près de Mme de Warens, il se laissera très volontiers choyer et cajoler dans ce milieu ecclésiastique, qui était celui de sa « Maman ». Au mois d'août 17.33, il fera un petit séjour à Cluses chez les « Révérends Pères Cordeliers ». Un ami de sa protectrice, le P. Montant, y est le gardien du couvent, et lui a fait, pour le retenir, une violence amicale : il entend rétablir cette santé délicate par une cure de lait, et déclare qu'il ne relâchera son prisonnier que « bien et dûment lactifié ». « Sa Révérence », qui est, d'ailleurs, bachelier de Sorbomie et homme d'esprit, prodigue à son hôte les « caresses » les plus « obligeantes »; et celui-ci « a bien de la peine à se détacher d'une personne qui lui témoigne tant de bontés^ ,). Depuis le départ de Turin jusqu'au dernier jour
i. Confessions, VIII, 86.