Id., et lettre du 1" mai 1740, X
3. Le P. Hemet était né le 4 aoiJt 1600, et le P. Coppier le 12 mai 1679 : cf. A. Hamy, Chronologie biographique de la Compagnie de Jésus : I, Province de Lyon, Paris, Champion, 1900, in-8, p. 52-53 et 108-109.
4. Rousseau parle aussi des visites du P. Hemet aux Charmettes. Mais, s'il n'y a pas eu d'autre installation aux Charmettes que dans la maison Noeray, qui fut louée en juillet 1738, le P. Hemet n'a pu y venir, étant mort le 22 mai 1738 : cf. la solution que je suggère dans mes Questions de chronologie rousseauisle [635], 40-41.
D. Confessions, Vlll, 173.
6. Rousseau à Mme de Warens, lettre du 24 octobre 1740, X, 3 4
7, Cf. Confessions, IX, 17-.
redoutera les manœuvres, durant quelques semaines de démence 1, il se fera pourtant « une loi de ne jamais parler d'eux dans ses écrits, ni en bien ni en mal >■>, et se refusera énergiquement à accabler des « opprimés- ». Dans l'adversaire du parti janséniste, que nous vendons bientôt paraître ■, il n'y aura pas que le philosophe de la bonté de la nature : il restera quelque chose de l'ancien élève des jésuites.
Mais, parmi tous les prêtres qui l'ont entouré et protégé durant ces années savoyardes, il n'en est pas qui ait fait sur lui une impression aussi forte, aussi édifiante et aussi proprement religieuse que M. de Rossillion de Bernex. Celui qui s'appelait « l'évêque de Genève » s'était intéressé à ce petit Genevois timide, dont il aurait été si heureux de faire un clerc ''. Sorti du séminaire, il ne l'abandonna pas. Jean-Jacques savait qu'il pouvait compter sur lui, puisque, dans sa grande détresse de 1731, alors que « Maman » n'était [)lus à Annecy pour appuyer sa requête, il s'adressa directement à lui, le priant d'intervenir à Soleure auprès de l'ambassadeur de France; et M. de Bernex écrivit à M. de Bonac pour lui recommander son diocésain. D'aucuns trouveront aujourd'hui que son amitié pour Mme de Warens manqua peut-être de perspicacité, et que ce nouveau François de Sales aurait pu choisir une Chantai plus sévère. Mais, dans cette amitié, Jean-Jacques a senti surtout le zèle apostolique et la bonté : il reconnaissait en « ce grand évêque » la vertu d'un saint, d'un saint qui fait des miracles, et l'installait en paradis entre Fénelon et Catinat\
Sans doute, toutes ces amitiés ecclésiastiques n'auraient
1. Quand VEniile s'imprimait : cf. mon Introduction a ]a.Profession de foi [47], p. xlviii-xlxi.
2. Lettre à Moultou, du 12 décembre 1761, X, 287; Lettre à M. de Beaumont, III, 62.