Confessions, Ylll
3. Cf., flans un manuscrit qui appartenait au P. Coppier, et qui contenait la Ralio docendi ajesuitis servanda [188], les règles suivantes pour l'enseignement de la philosophie {fiegulœ professoris philosophise) : « Quoniam artes, vel scientui? naturales, ingénia disponunt ad Iheologiam, et ad perfectam cognilionem et usum illius inserviunt, ... pnuceptor, in omnibus sincère honorera et gloriam Dei quierendo, ita tractet, ut auditores suos, ac potissimum nostros, ad theologiam prœparet, maximeque ad cognilionem excitet sui creatoris ». — Le P. Coppier était confesseur du roi et s'intéressait aux nouveaux convertis : cf. Benedetto, Mme de Warens [641], 51.
lira aux Charmettes, ceux qui lui convenaient le mieux, dira-t-il, c'étaient « ceux qui mêlaient la dévotion aux sciences ' »; il n'avait pas attendu jusque-là pour se sentir ce goût. Dès 1733, il exposait à son père « le système détude » qu'il avait adopté, et qu'il avait « divisé en deux chefs principaux : le premier comprend tout ce qui sert à éclairer l'esprit et l'orner de connaissances utiles et agréables; l'autre renferme le moyen de former le cœur à la sagesse et à la vertu- ». L'année suivante, en déclarant au marquis de Bonac qu'il avait l'intention de « travailler sérieusement à devenir honnête homme et bon chrétien », il ajoutait ce renseignement, qui confirme la lettre précédente, et qui montre que ce beau projet n'avait pas été lélan d'un jour : « Je me suis fait un plan d'études propre à former mon cœur et à cultiver mon esprit ^ ». Ce ne sont certes pas les Lettres philosophiques qui ont pu lui suggérer ce « plan d'études ». Mais, en même temps que les Lettres de Voltaire, paraissait un livre aujourd'hui bien oublié, dont le succès fut pourtant très vif, aussi vif peut-être que celui de Voltaire % et dont le titre, comme le contenu, coi-respondait admirablement au dessein de Jean-Jacques : Traité du vrai mérite de Vhomme, considéré dans tous les âges et dans toutes les conditions, avec des principes d'éducation propres à former les jeunes gens à la vertu'"^. Est-ce qu'un titre comme celui-là n'est pas déjà le sommaire de tout ce que Rousseau veut faire de sa vie? Et n'en retrouve-t-on pas le souvenir certain dans le programme qu'il annonçait l'année suivante à son père, et que je viens de rappeler : (< former le cœur à la sagesse et à la vertu »? Aussi ne