‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 80 sur 241 · Lettre du 3 décembre 1730 [84], V · texte numérisé non relu

Lettre du 3 décembre 1730 [84], V

4. Cf. dans le Mercure de France, de janvier et avril 1738 [48], 117- 118 et 727-729, les pièces de vers (lui célèbrent le Traité du vrai mérite.

5. [Par Le Maître de ClaviHe], Paris, Saugrain, 1734, in-12 [238].

serons-nous pas surpris qu'il ait accordé une mention reconnaissante à Claville ', l'Iionnète magistrat qui a rédigé le Traité du mérite. L'année qui précéda la publication de ce livre, paraissait, en 1733, un ouvrage plus considérable, tout aussi oublié aujourd'hui, mais qui devait alors être bien précieux pour un étudiant novice : le Traité de Vopinion, ou Mémoires pour servir à l'histoire de Vesprit humain, du marquis de Saint-Aubin 2. Dans le Verger des Charmeltes, Jean-Jacques a placé Saint-Aubin à côté de Claville; et c'est justice. Les deux oeuvres ne sont pas seulement contemporaines : malgré la différence de leur sujet, elles sont orientées vers le même but. Le livre de Saint-Aubin est comme un résumé de toutes les sciences connues, une manière d'encyclopédie; mais la science y est exposée sans superstition scientifique. Les contradictions de la science, et des différentes philosopliies qui la réduisent en systèmes, n'y sont pas dissimulées; et ce recueil constitue ce que l'auteur appelle, d'un mot heureux, « les très humbles archives des égarements de l'esprit ». De cette énumération de toutes les insanités qui ont été proclamées par les savants, les philosophes et les lettrés de tous les temps, il ne se dégage pas une impression favorable à la culture intellectuelle. Dans le chapitre intitulé De l'usage de la science, où il en montre tous les périls, Saint-Aubin pose déjà en principe ce qui est par avance une maxime de Rousseau : « Soyons bien persuadés que l'humble connaissance de nous-mêmes est préférable à toute la profondeur de la science humaine ». « Le moyen de réprimer une curiosité illicite, dit encore l'auteur, c'est de la désabuser l)leinement, et, pour ainsi dire, de l'assouvir-' ». Son livre est donc tout à la fois un répertoire de science et un préservatif contre la science. Nul ne pouvait mieux satis-

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