‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 87 sur 241 · En · texte numérisé non relu

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2. I.cltre à M. de Malesherbes, du 12 janvier 1702, X, 301-302.

lion des choses ramènent le règne de la droiture et du bon cœur; le siècle d'or et l'esprit bienfaisant ne reparaîtront plus chez les hommes. 11 naît seulement de temps en temps quelque àme privilégiée, pour perpétuer dans le monde ridée de ce qu'était la nature dans sa pureté. Ha! qu'il vous serait glorieux d'avoir une âme telle qu'on pût dire de vous que vous êtes comme chargé d'en-Haut du soin de justifier les intentions du Créateur quand il fit le monde en montrant par votre vertu quelle était celle des premiers temps ' ». N'est-ce pas là tout le programme de Jean-Jacques, de celui qui prêchera le « retour à la nature », en étant lui-même « Ihomme de la nature »? D'autres, — et ils étaient alors nombreux — auront lu cette page de Claville; ils l'auront lue comme une invilation théorique, qui conduit au pays des chimères; et ils auront passé outre; mais un lecteur comme Jean-Jacques, qui suffoque en écoutant Alzire, et que les infortunes de Cleveland mettent en « fureur », se sera arrêté sur cette page prophétique, et y aura trouvé une révélation soudaine : là où des yeux indifférents n'ont vu qu'une fantaisie, l'émoi de son conir lui fait entendre l'appel impérieux du devoir.

D'autres livres, parfois sans gloire, ont pu servir de prétextes à des illuminations analogues : c'est peut-être le Spectateur de Marivaux qui lui a révélé la notion de « contrat social ^ » ; et qui sait si ce n'est pas un rhéteur anonyme du Mercure^ qui a fait passer dans son àme les

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