Mercure d'août 1733, p
3. Vers à M. de Claville sur son <• Traité du vrai mérite », dans le Mercure de janvier 1738, p. 118.
l'autodidacte Et SON « Magasin d^idées ». lOS
^ioii »; elle montre dans le christianisme (c la plus judicieuse philosophie de Tunivers » et aussi la plus « consolante » ; et, sans vouloir supprimer le dogme ou nier les droits de l'esprit, elle abandonne la direction de la vie spirituelle aux sentiments du cœur : « Dès que mon cœur a senti la sainteté de ma religion, je n'ai plus besoin de penser, et mon esprit n'a plus rien à faire ' ».
C'est aussi un plaidoyer en faveur de la religion que présentent, d'une façon diffuse, les six gros volumes de ' Saint-Aubin. On a vu que cette encyclopédie de toutes les sciences en montrait surtout les lacunes, les incertitudes et les contradictions. Quoi qu'on fasse, le mystère nous environne de partout; le plus clair de notre savoir, c'est de confesser que nous ne savons rien. La civilisation ne doit pas nous en imposer; l'heureuse égalité et simplicité des Ages primitifs était bien préférable à cette tyrannie de l'argent qui pèse sur nous. A qui n'a pas la véritable science de la vertu et du bonheur, la science n'est qu'un piège, une grande et dangereuse illusion. Cherchons dans la religion cette sécurité de l'esprit que les sciences humaines ne sauraient nous' donner. Avant de connaître l'univers, tâchons de nous connaître nous-mêmes, et appliquons-nous à devenir meilleurs : « Deux principales qualités d'un ouvrage, dit le Mercure de France, sont d'épuiser les matériaux du côté du savoir, et de donner à penser encore plus qu'il n'exprime. L'auteur du Traité de Vopinion a réussi dans l'un et l'autre genre ^ ». Soyons sûrs que Jean-Jacques, lui aussi, aura trouvé dans Saint-Aubin à apprendre et surtout à « penser ^ ».
« J'ai lu Nieuwentyt avec surprise et presque avec scandale )), fait-il dire à son -Vicaire^. Cette « surprise » qui
1. Traité du vrai mérite [238], I, 86, H, 156, 138; I, 3.35-337, II, 4-5, ■ 49-50, 257, 236, 242-244.