Profession de foi
n'implique, du reste, aucun désaccord sur les principes, — il ne la connaissait pas aux Charmettes; il plaçait alors Nieuwentyt à côté de Pline, parmi les maîtres de l'histoire naturelle, qui lui apprenaient « à penser, ouvrir les yeux et voir^ «.Nieuwentyt lui rendait sensibles « les merveilles de la nature » et la sagesse de son auteur; et, dans les aspects généraux comme dans les plus petits détails de la création, dans les éclipses de la lune et la marche des nuages, comme dans la structure de loreille, les pattes des oiseaux et le ventre de la carpe, il lui montrait les intentions de Dieu -.
. Il les montrait doctement, mais sèchement ^ La sensibilité de Jean-Jacques trouvera mieux à se satisfaire dans l'ample ouvrage qui paraîtra quelques années plus tard : le Spectacle de la nature. L'abbé Pluche ne garde aujourd'hui qu'une gloire empoussiérée. Pourtant son livre si répandu fut presque en son temps un grand livre*. Rousseau, jeune précepteur, le mettra entre les mains de ses élèves comme un indispensable conseiller^, précisément parce qu'il l'avait d'abord pris lui-même pour achever son éducation. « La vue de la nature, disait l'abbé Pluche, est une théologie populaire, où tous les hommes peuvent apprendre ce qu'ils ont intérêt de connaître ». Cette « théologie » est une théologie rassurante, car on y peut toujours admirer « le concert de la nature avec la révélation ». C'est aussi une théologie réconfortante et flatteuse, qui fait de l'homme le centre de la création, l'enfant privilégié de la Providence. Tous les êtres tendent vers lui; c'est lui qui donne à la terre une âme commune : il est non seulement « le centre des créatures qui l'environnent;