Mercure de France, avril
2. Spectacle de la nature [230], 111, 148, 504, I, .502-535, V, 133. Cf. d'autres formules où se manifeste de façon très précise ce qu'on pourrait appeler le « pragmatisme « de Pluche, ap. D. Mornet, Les sciences de la nature au XVHP siècle [606], 62, 143, 150, et dans le compte rendu que j'ai fait de ce livre [83], XIX, 948. Le rédacteur du Mercure que j'ai cité à la note précédente aVait bien mis en valeur ce caractère de la philosophie de Pluche. <■ L'auteur, disait-il (p. 742- 743), démontre par une foule d'expériences que nous ne sommes point appelés à connaître le fond et la nature de ce qui nous environne, mais que Dieu ne nous a accordé des lumières et des connaissances que ce qu'il faut pour régler notre cœur et exercer notre main >>. On trouvera dans les notes de mon édition de la Profession de foi [47], 61, 65, 71, 105, 137, 139, 155, etc., quelques textes qui feront sentir la dette de Rousseau à l'égard de Pluche.
raison, lorsqu'elle veut dépasser les bornes de riiumble expérience, la suprématie du cœur dans les débats décisifs où se joue le tout de l'homme, l'influence néfaste de la richesse et du luxe sur le bonheur et la vertu. Il apprendra d'eux surtout que la première des connaissances est la connaissance de Dieu et de ses devoirs, et que toute science est vaine, qui n'aboutit pas à la pratique, et à la pratique du bien.
En marge d'un manuscrit de la Profession de foi du Vicaire Savoyard, je trouve cette note inutilisée : « Quoique catholique et prêtre, il aimait les bons livres des protestants; il lisait Clarke, Addison, Abbadie • ». Ici, comme pi-esque toujours, le Vicaire et Jean-Jacques ne font qu'un. Si sincère que tût sa conversion, ce nouveau catholique n'avait pas cru, comme tant de convertis, que tout fût abominable dans la religion qu'il avait quittée. 11 lisait donc, lui aussi, « les bons livres des protestants ». Au reste, certains d'entre eux avaient été comme adoptés par lapologétique catholicjue. Abbadie, par exemple, était aussi classique à Paris qu'à Rotterdam. On se rappelle l'enthousiasme de Mme de Sévigné pour « l'Abbadie - » : « Demandez à l'abbé de Polignac, disait-elle, s'il estime ce livre » ! L'auteur de la Vérité de la religion méritait ces sympathies calholiciues, car il avait renoncé aux controverses irritantes, pour obtenir l'unanimité des consciences chrétiennes sur les articles essentiels. Lourdement, prolixement, mais avec une certaine chaleur et un accent de sincérité qui touchait, il réfutait athées et déistes, prouvait la nécessité d'une révélation pour rétablir la loi naturelle en son intégrité, et faisait voir l'excellence du christianisme, dans « la pureté de sa fin », dans « sa proportion avec les besoins de l'homme », dans « la convenance de ses mystères avec les lumières de la raison ». En des pages où l'on sentait