Lettres des 24 avril et 22 mai 1705 [5,Ï
2. Cf. les te.xtes auxquels je renvoie dans mon édition de la Profession [47], 221 note.
3. Cr. Berthoud, Rousseau au Val de Travers [549]. 2.50-252; Rousseau à D'ivernois, lettre du 8 avril 1765, .XI, 242; Mme Boy de la Tour à Rousseau, lettre du 24 décembre 1764 [45], 206.
4. Le S.-ntimenl des citoyens [126J, \XV, 312, 314, parut dans les derniers jours de décembre 1764 : cl', la lettre de Rousseau à D'ivernois, du 31 décembre 1764, XI, 181). 11 ne semble pas ([ue Voltaire ail eu quelque autre part à ces adaires neucliàteloises : Rousseau signale son action à Berne, mais non à Neucliàtel (lettre à Du Peyrou, du 31 janvier 1705, XL 206). Pourtant milord Maréchal était persuadé que Voltaire e.xcitait le clergé neuchàtelois, par l'intermédiaire du pasteur Bertrand, llls de son « ami intime »; <■ Voltaire, écrit-il dans une note [5.')7], 39, se sert de cet homme pour susciter des affaires à Rousseau ...
5. Pour être juste, il convient de remarquer qu'elle avait, en septembre 1762, demandé l'interdiction d'Emile; cf. sa représentation au Conseil d'Élnt, du 18 février 1765 [557], 31; mais la demande avait été rejetée; et la Vénérable Classe s'était assoupie.
LES COMMENTAIRES DE LA u PROFESSION DE FUI ». 149
d'aller les quérir, et de les faciliter par la menace d'une excommunication ' . En guise de réponse, Rousseau s'engagea, « si la VénérableClasse voulait rester en repos », et l'y laisser, « à ne jamais publier aucun nouvel ouvrage sur aucun sujet de religion ^ ». La promesse fut jugée insuffisante, et Jean-Jacques cité devant le Consistoire de Mo tiers.
iMais M. de MontmoUin eut une déception double. D'abord, Rousseau ne se présenta pas. L'envie ne lui en avait pas manqué : en imagination, il s'était vu comparaissant devant le Consistoire, et « terrassant avec facilité ce pauvre ministre au milieu de ses six paysans ». Mais il n'avait pas, comme il dit, « sa plume dans sa bouche »; il sentit que sa mémoire et son assurance lui feraient défaut à l'instant critique, et préféra se faire représenter par une lettres. La lettre redisait, avec fermeté, bien qu'en formules déférentes, qu'il était chrétien, et chrétien réformé; mais que, par cela même, « une fois reçu dans l'Église », où il entendait rester, « il ne devait plus qu'à Dieu seul compte de sa foi '' ». Une autre disgrâce attendait M. de Monlmollin. Le Consistoire se montra indocile. Quatre anciens, sur six, se refusèrent à être juges dans un procès théologique; et, se sentant soutenus par le Conseil, persistèrent à se déclarer incompétents'. Monlmollin, vexé, mais déjà trop échauffé, partit seul en guerre.
Cet homme doux, comme il arrive souvent aux doux, s'emporta brusquement, et pour de bon : il eut des colères, qu'il crut être de saintes colèi'es. Puisque son
1. Cf. la lellre de MontinoUiii à D'ivernois, du 16 avril 1765 [554], 152-1.Ï3; cl', les pièces oflicielies de celle allaire dans Guillaume [54IJ, 242 el suiv., Berlhoud [oiO], 262 et suiv., Jansen [557], 31 et suiv.
2. Rousseau à Meuroii el à Monlmollin, lettres des 9 et 10 mars 1763, XI, 231.