‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 107 sur 239 · Confessions, L · texte numérisé non relu

Confessions, L

4. Au Consistoire de Métiers, lettre du 29 mars 1765, XI, 233.

5. Cf. leur requête au Conseil d'Étal, dans Guillaume [541], 243; et la reconnaissance que Rousseau leur témoigne dans sa lettre à Du Peyrou. du 2 mai 1763, XI, 251.

Consistoire l'abandonnait, il se chai-gerait seul de l'exécution nécessaire : Ses catéchismes et ses sermons lui fournissent désormais autant de prétextes à faire le procès de l'infidèle; en s'attendrissant sur les miracles, il pleure d'indignation sur celui qui les nie K Le « digne pasteur », dont le citoyen de Genève avait été si (ier de tracer l'évangélique portrait à l'archevêque de Paris, est devenu un « archiprètre », plus violemment et plus cyniquement << prêtre » que quiconque-. Ainsi s'achève dans la désillusion la dernière expérience religieuse de Jean-Jacques. Ce christianisme réformé, auquel, dix ans plus tôt, il était venu redemander un asile, avait déçu tous ses espoirs de paix et de fraternité. Ceux qui en sont les ministres, écrit-il à milord Maréchal, « en font un gros torchon de paille enduit de boue, qu'ils me fourrent dans la bouche à toute force, pour me mettre en pièces tout à leur aise, sans que je puisse crier' ». Il n'était pourtant pas résigné à se laisser égorger sans crier, ni ses amis non plus. Du Peyrou avait pris l'offensive par sa Lettre de Goa, Montmollin y avait opposé une Réfutation eh dix Lettres, et Du Peyrou ripostait encore par ses Lettres à milord Weinyss K Ces libelles, assez vifs, pouvaient divertir le public et le gouvernement aux dépens de M. le professeur et de la Classe, mais n'ai)aisaient pas, au contraire, les rancunes ecclésiastiques. Cependant, la polémique autour des idées continuait : le pasteur Claparède publiait ses Considérations sur les miracles '^ ; le ministre Bergeon traitait le même sujet dans ses Remarques sur In Ul'^ des » Lettres de

1. Cf. les lettres de Rousseau à Du Peyrou, du 29 avril 1765, XI, 249; du châtelain Martinet à Montmollin, du 4 septembre 1765 [541], 248-249.

2. Lt-llre à M. de Beaumonl, lit, 83; Correspondance, Xi, 249, 250, 251, 2.58, 260, etc.

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