Id.; cf. Confessions, VIII
156 LA « PR0FP:SSI0N de foi i> de JEAN-JACQUES.
reparaît. Ouand il se refuse d'admettre sur le péché d'Adam les enseignements théologiques, il ne semble pas douter un seul instant ni d'Adam ni de son péché; et c'est, pour ainsi parler, dans l'intérieur du texte sacré qu'il se place, pour discuter la valeur de la doctrine qu'on en tire. Évidemment le fond de sa pensée lui vient ici d'ailleurs, mais il n'est pas fâché de constater qu'elle s'accorde fort bien avec la Bible elle-même, lorsqu'elle est interprétée par une intelligence sensée et humaine, qui ne s'en laisse pas imposer par « le rhéteur Augustin » et les théologiens qui l'ont suivi'. De même, dans la discussion de l'idée de création, il se montre, sans doute, plus affirmatif que le Vicaire, et ne partage plus ses hésitations : l'éternité de la matière n'a plus rien qui (( reffarouche » ; mais, dans la discussion qui laisse voir toute sa pensée, c'est encore sur le texte même de la Genèse qu'il s'appuie : l'érudition de Rivet, de Beausobre et des autres lui permettra seulement d'expliquer dans un sens qui lui plaise le bara du récit biblique. S'il repousse linlcrprétation « populaire » des docteurs modernes, il aime à se sentir d'accord avec la tradition chrétienne, les Itères de l'Église, (( l'ancienne théologie juda'i'que »; cl il tient à rappeler que, pour ne pas céder au c< despotisme des théologiens », il « n'en sera pas moins orthodoxe ^ ». — On n'a pas oublié qu'il faisait dire à son Vicaire : « Je converse avec Dieu, .. je le bénis de ses dons, mais je ne le prie pas-^ »; et voici (jue maintenant il s'indigne contre ceux qui lui rei)roi:hent ces
2. Lettre à M. di' BeauinonL, 111, 7S-S(1 cl noies. Cf. dnns mon édition de la Profession [47], la nolc :] t\v:^ \>. '22:\-'221, où l'un verra mentionnés les le.xtes du man|uis d'Aryens cl de Uidiard Simon qu'il avait copiés sur un de ses cahiers. Sur la même pap' de ce cahier lG], 4J™, je trouve une assez longue dissertation, sui;,i;crce par la lecture de Samuel Engel, où Rousseau discute, d'après les textes, le problème des limites de l'iiispiralion scripturaire : « Si les écrivains sacrés ont toujours conslanuiient et à tous égards été immédiatement inspirés >>.