Lettre à .)/. de Beaumonl. 111, [U4-106 et nutcs
ieles, il allait aux noces: il voyait les Ibmmcs, il jouait avec les enfants, il aimait les parfums, il mangeait cliez les fmancicrs; ses disciples ne jeûnaient point; son austérité n'était point fâcheuse. Il était à la fois indulgent et juste, doux aux faibles et terrible aux méchants. Sa morale avait quelque chose d'attrayant, de caressant, de tendre, il avait le cœur sensible, il était homme de bonnesociété. Quand il n'eût pas été le plus sage des mortels, il en eût été le plus aimable' ». Et je veux I)ien, comme on Ta dit, que cela soit très renanien, 1res <. vie de Jésus -^ », mais c'est d'abord « xvnie siècle .., du xvirio siècle « des cœurs sensibles ». Jean-Jacques reconnaît lui-même que ce portrait garde quelque chose de la galanterie du P. Berruyer. Il aurait pu ajouter que c'était, sans doute, en lisant une réfutation de son Emile par un jésuite ^ qu'il avait conçu ce tableautin à la Greuze, se retrouvant ainsi d'accord, dans une sensibilité commune, avec un adversaire théologique. Le Vicaire Savoyard n'avait point ménagé au Jésus de l'Evangile les protestations de sa déférence et de sa tendresse. Plus affirmatif que son Vicaire, le Jean-Jacques de ces Lettres va presque jusque la foi : . il se déclare chrétien », non pas, « si l'on veut, chrétien à la mode de saint Paul, qui était naturellement persécuteur et qui n'avait pas entendu Jésus-Christ lui-même, mais chrétien à la mode de saint Jacques, choisi par le maître en personne, et (lui avait reçu de sa propre bouche les instructions qu'il nous transmet* ». En parlant de Jésus, il dit : '< mon maître »; Il met sa gloire à s'en proclamer l'humble « écolier », et
t. Ill' Lettre de la montœjnc, III, IGi-lGj.