J. LemailTO, Kousseau [oOl
3. Cf. la Réfutation du P. André [.319 AJ. 235 : « Avec des m...urs SI pures, Jésus n'a point donné dans une extrême rigidilé : il n'eut point un caiaclère sombre et austère; il se trouve à des noces, où il a ete invite; il s'est rencontré à des festins avec diverses personnes L est un médecin qui ne fuit pas les malades ...
in\n^\fo ^''' ^Tl' '''-■ '" '"«"'«^"«' "I' 147- 129. J'ai noté ptus haut (p. Ul-l42,note 6) Iinduencc du pasteur Wegelin dans cet élose de saint Jacques.
c'est à lui qu'il veut se rattacher directement : « Monsf^igneur, s'écrie-t-il, je suis chrélien, et sincèrement chrétien selon la doctrine de l'Évangile. Je suis chrétien, non comme un disciple des prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ 1 ». Ce n'est peut-être pas sur des déclarations comme celle-là que Vernet aura dit à Monltou : « je ne doute plus que M. Rousseau ne soit chrétien ^ », car cet ennemi des prêtres n'est pas un chrétien d'Kglise. 11 déclare qu'il « admet la révélation », mais c'est une révélation tout intérieure; au contact de l'Évangile avec son âme, « il y reconnaît l'esprit divin » ; c'est une démonstration <( immédiate », ou plutcM, c'est une expérience. La certitude qui en résulte garde la marque de cette méthode : elle ne peut pas donner la même sécurité qu'une démonstration purement rationnelle; elle comporte des doutes, qu'on outrepasse, mais qui restent. Ce n'est pas « l'évidence », parce que les objections irrésolues l'empêchent; mais, sans même avoir « une foi robuste », on peut « se déterminer pour la révélation, parce que le cœur y porte, parce qu'elle n'a rien que de consolant pour nous, et, qu'à la rejeter, les diClicultés ne sont pas moindres^ ». C'est toujours la même méthode, ou plutôt le prolongement de la même méthode. A défaut de la vérité qui se prouve, il y a la vérité qui se sent! à défaut de la preuve de vérité, il y a « le caractère de vérité'' ». L'Évangile a ce caractère, c'est-à-dire que « la plupart de ses enseignements ont une utilité, une nécessité qui nous frappe ». <c Beauté », « sainteté », « profondeur », « toutes les autres qualités qui peuvent annoncer aux hommes les instructions de la suprême sagesse et de la suprême bonté », se réunissent pour faire une preuve plus <( infaillible » que toutes les démonstrations, et donnent à l'Évangile « sa véritable certi-
1. Lettre à M. de Beaiimonl, III, 83; /K"-' Lettre de la montagne, III, 175.
2. Moultou à Rousseau, lettre du 26 avril 1763 [27], I, 83-84.