‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 117 sur 239 · Lc'tlro du 23 décembre 1764, XI · texte numérisé non relu

Lc'tlro du 23 décembre 1764, XI

1(34 LA u PROFESSIO.N DE FOI » DE JEAN-JACQUES.

prêtres d'une Église qui repoussaient son « défenseur » et leur libérateur. Le siècle suivant le justifiera; et riiomme que les ministres de Genève avaient condamné aidera plus tard d'autres ministres de Genève à rester fidèles à Jésus, sans « mentir au Saint-Esprit ».

Reconnaissons-le pourtant, Rousseau a beau se sentir parfaitement à l'aise dans la Réforme protestante, telle qu'il l'interprète dans le passé, et qu'il la justifie dans l'avenir, — il ne lui semble pas que sa religion puisse être liée aux destinées du protestantisme. Il travaille pour une cause plus générale. Il est, et ne veut être qu'un libre disciple de Jésus, un passionné « défenseur de la cause de Dieu '), sans plus; sa religion à lui, c'est bien la naturelle; et c'est en parlant de celle-là seule qu'il se fait gloire d'avoir, non i)as détruit, mais édifié : il veut qu'on le tienne pour ce qu'il est, pour un ouvrier de restauration religieuse, qui a su présenter aux Ames, sous forme de « vérités neuves et frappantes », les dogmes de la religion essentielle, de celle qui est nécessaire au bonheur des hommes et à la garantie de la vertu. Sur tout cela, il veut être « décisif et dogmatique ^ ». Pour le reste, l'humble rései've qu'il prêche, doit être considérée surtout comme un appel à la tolérance réciproque. Mais, loin d'être un programme de négation, la Profession de foi, dans l'état actuel des esprits, dans le discrédit général où la philosophie a jeté la religion, doit ramener à la cause de Dieu les âmes incertaines, hâter la pacification des esprits, non dans le calme de l'indifférence, mais dans un sentiment de charité exaltante, dans ce sentiment qu'il est temps de renoncer aux querelles théologiques et aux persécutions niaises, pour s'unir dans la croyance réconfortante au Dieu bon-.

Telle est bien, pour la Lettre à M. de Beauinont comme

1. Lcllre à M. de Deauinonl, III, Gl, 85, 108; /'<; et //'' Lettres de ta montagne, III," 123-124, 142; cf. lettre à Moullou, du 2,5 avril 17G2, X, 320.

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