‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 118 sur 239 · P Lettre de la montagne, III · texte numérisé non relu

P Lettre de la montagne, III

LES COMMENTAIRES DE LA « l'ROFESSlON DE FOI ». 165

pour les Lettres de la montagne, la conclusion théorique et, en quelque sorte, l'espérance de priacii)c. La conclusion pratique, c"est-à-dire l'altitude en lace des réalités quotidiennes, est encore plus conservatrice, comme nous l'avons vu pour la Profession de foi. Les persécutions cléricales ne sont pas parvenues à rejeter dans l'armée de la « philosophie » cette viclime du « fanatisme ". Il continue, au contraire, à ne pas lui ménager les mots durs. L'archevêque de Paris avait terminé Tune de ses passes d'armes sur cette interrogation : « où est donc la bonne foi philosophique dont se pique cet écrivain »? Rousseau lui répond : <c Monseigneur, je ne me suis jamais piqué tl'une bonne foi philosophique, car je n'en connais pas de telle ' ». 11 ne connaît pas de « bonne foi philosophique »; il ne connaît pas davantage de « morale philosophicjuo » : « Je ne sais, dit-il, pourquoi Ton veut attribuer au progrès de la philosophie la belle morale de nos livres; cette morale, tirée de Fl-^vangile. était chréliennc avant d'être philosophique- ». Une fois de plus, ses antipathies l'ont bien servi; et c'est une vue très fine d'avoir reconnu les principes inconsciemment chrétiens qui animaient et soutenaient les meilleures revendications de la « philosophie ». Dans la Profession de foi, les « philosophistes », avaient été malmenés avec une violence un peu brutale, où l'on sentait toute vive la rancune d'une àme qui avait souffert par eux. Ici il revient à eux, mais avec cette désillusion ironique d'un homme cjui ne croit plus à la justice terrestre, et qui s'y résigne. Brusquement, à un tournant de discussion, il prend à témoin M. de Voltaire, et lui demande son arbitrage entre Jean-Jacques et les pasteurs. Sans indignation, mais non sans esprit, il compare leui-s différentes fortunes : le chrétien de la Profession de foi. objet d'anathème et d'horreur pour tous les clergés, le prédicateur du Sermon des cinquante jouissant «. d'un grand

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