‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 120 sur 239 · III · texte numérisé non relu

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mais elle ne les change pas: elle remplira d'un vin jeune les vieilles outres qu'elle conservera. « Les formes nationales doivent être observées, dit-il encore; c'est sur quoi jai beaucoup insisté ^ ». Il s'agit seulement, sans rien bouleverser dans la vie du pays, en restant même fidèle au culte public, de bien se rendre compte que le dogme incertain n'a qu'une importance diminuée, que le culte lui-même n'a droit qu'au respect dû à la loi, et que l'essentiel reste la pratique. Chacun aura ainsi « des raisons très fortes pour être toujours ce qu'il est maintenant sans savoir pourquoi ». La Profession de foi ne doit donc pas être interprétée comme le manifeste d'un perturbateur : « elle insiste au contraire sur le respect qu'on doit aux formes établies et sur Tobéissance aux lois en toute chose, même en matière de religion- ». « Est-ce troubler l'ordre, demandera-t-il, que de renvoyer chacun aux lois de son pays? Est-ce anéantir tous les cultes, que borner chaque peuple au sien? Est-ce ôter celui qu'on a, que ne vouloir pas qu'on en change? Est-ce se jouer de toute religion, que respecter toutes les religions' »?

On dira que ce sont là des artifices d'avocat, et que leur sincérité est suspecte. Mais si, parallèlement à ces Lettres imprimées, nous lisons les lettres, adressées aux amis et aux inconnus, où il commentait presque quotidiennement la Profession de foi de son Vicaire, il devient difficile de contester l'absolue franchise de ces déclarations. En dépit des vivacités et des outrances de langage inévitables, et presque légitimes, chez un homme en perpétuel frémissement, et qui lutte et qui souffre, — sous le remous des

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