Lettre à M. de Deaumonl. I!I
d68 LA 0 PROFESSION DE FOI » DE JEAN-JACQUES.
émolions quotidiennes, on retrouve toujours le même fond de j)enséc; et ce fond permanent, Jean-Jacques l'expose à qui veut*. Le voici : La religion est utile, elle est nécessaire. Parler d'une morale fondée sur la beauté, la iDonté, « le plaisir atlaché à la vertu », c'est « mettre la terre sur l'éléphant et l'éléphant sur la tortue- ». 11 faut croire en Dieu pour faire son devoir, pour trouver la force de supporter le fardeau de vivre; la morale ne peut s'appuyer que sur la religion. Mais quelle est la vraie religion? 11 faudrait savoir d'abord ce qu'est la vérité. « La vérité qu'il aime n'est pas tant métaphysique que morale ^ »; la vraie religion est celle qui justifie la vertu. Le christianisme n'est J peut-être pas « le système le plus vrai; il est, au moins, le ' plus consolant^ » : Jean-Jacques est chrétien. « 11 professera jusqu'à la mort la religion de Jésus-Christ »; il la professera, comme faisait le Vicaire Savoyard, en restant, jusqu'à ce qu'on l'en chasse, « dans la communion de ses pères et de son pays ' » : Jean-Jacques sera un chrétien réformé.
Il pourra connaître des doutes, et ne les cachera point; mais il ne s'en inquiétera pas, si ces doutes n'atteignent pas les devoirs de pratique; quand encore ces doutes seraient plus graves, il se t'appellerait qu' « il y a des préjugés respectables à respecter », ceux qu'on ne peut ôter, « sans ôter aussi ce qui les rachète •= ». Si môme, dans le fond, il partageait les idées de Voltaire sur la valeur de l'Éciiturc, il ne supporterait pas « qu'en jetant sur des sentiments respectés des hommes un air de ridicule et de mépris, qui rejaillirait sur les hommes mêmes, on