‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 127 sur 239 · Id · texte numérisé non relu

Id

LES COMMENTAIHES DE LA k PROFESSION DE FOI ». 175

conlianco inentamée, il reprend les argumcnls de son Vicaire; il montre à ce jeune philosophe qu'on ne peut demander une morale au seul amour de l'ordre, et que Ihomnie vertueux, qui ne croirait pas à une « justice éternelle et à la prolongation de notre être après celte vie », ne serait qu'un fou décoré d'un « beau nom^ ». Celte fois, sans que les arguments eussent rien de nouveau, l'abbé se déclara satisfait; la grâce de Jean-Jacques l'avait touché : Tesprit éclairé et le cœur apaisé, il pouvait se retirer dans le château de famille, près « de son vieux père » et de « la plus vertueuse des mères- ».

Apaisement précaire : le converti s'était fait illusion, et ne croyait pas aussi « fermement » qu"il disait, car, quelques semaines plus tard, il était reloudjé dans ses doutes, au moins sur le christianisme. Quoiqu'il signât encore : <' l'abbé de (^arondclel », il semblait avoir renoncé au sacerdoce, et se contenter de vivre sur les terres paternelles, en fils de famille. Mais dans l'église du village, parmi ces simples croyants, il avait senti, de nouveau, sa foi s'écrouler. « La religion, faite pour unir les hommes, écrit-il à Rousseau, semble ici contraire à elle-même. De grâce, examinez et prononcez. Je sens que jamais les dogmes révélés, ne se présenteront à mon esprit avec ces motifs de persuasion qui les font adopter et croire. Je respecte la profession de foi du catholique, mais ce n'est pas la mienne; devant les mêmes autels, lui et moi n'éprouvons pas les mêmes sentiments, quoique la même intention nous unisse dans un culte consacré par les lois. Toujours, j'en ai fait vœu, je suivrai modestement le culte dans lequel je suis né, tant qu'il n'y aura point de fausseté à donner bon exemple à mes frères. Cependant me confesserai-je ou non ? Userai-je d'un remède en qui je n'ai nulle confiance »? Que faire? Affliger ses parents, scandaliser la paroisse? ou se confier à un curé peut-être indiscret,

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