Profession de foi [47], 423; Contrat social
LE PROBLÈME DE LA KELIGIOiX CIVILE. 181
n'en l'onl qu'un, « que ers deux choses vont toujours ensemble : c'est précisément ce qui est eu question », car rien n'est moins sûr, au contraire, que « la science du salut » coïncide partout avec <■ celle du gouvernement ' ». Le législateur du Contrat oublie donc provisoirement ce que la « sainte voix de la nature » a pu révéler à son âme quand, seul, en face de l'univers, « en proie à la souffrance •', il clirrchait, près d'un Dieu bon, « le repos, l'espoir et la consolation de sa vie «. Maintenant, c'est de l'Etat qu'il parle, des moyens de le faire vivre, de l'assainir, de le fortifier. La religion d'un État peut être « fausse »; si elle laide à subsister, à s'imposer et à vaincre, elle est dans la vérité « sociale ». Du point de vue politique, Rousseau acceptera même que l'intolérance romaine puisse devenir la loi de l'État, si l'Église et l'État ne font qu'un, lît que le prince se confonde avec le pontife-. Les républiques de Sparte et de Rome étaient ce bien constituées », sans être pourtant chrétiennes. La religion de Mahomet témoigne, en politique, de (( vues très saines »; et son système, dans la mesure où il fut un, fut bon. (( Tout gouvernement humain se borne par sa nature aux devoirs civils ». Dans quelle mesure une religion peut-elle inspirer le goût de ces devoirs, et nous être un stimulant pour les accomplir, — c'est lu tout le problème; et si, à le résoudre, on se trompe, ce sera c une erreur en politique », ce ne sera point une hérésie -^
Nous voyous dès lors ce que signifie cette question précise : le christianisme doit-il être la religion de l'État, ou, plus exactement, d'un État, — car c'est sous cette forme particularisée que la question s'impose au politique. Elle signifie : le christianisme saura-t-il être, pour une nation
1. Lettre à M. de Beaumont. III, 88-89; /'«; Lettre de la montagne, III, 123, 129-132.