Lettre de la montagne, III. 127-12S
.3. Profession de foi [47]", .343; Contrat social. III. 388.
besoin de connaître ce qui, aux yeux du citoyen, justifie la justice, prêche l'obéissance, excite au devoir. 11 a besoin de le connaîti'c, et <( d'en connaître ». C'est son droit « d'examiner les raisons sur lesquelles chacun fonde l'obligation d'être juste »; c'est même, pour lui, s'il Veut vivre, une nécessité '.
Or, cette » raison » de « l'obligation » ne saurait être, en fin de compte, que Dieu. « Toute justice vient de Dieu, lui seul en est la source- ». Dieu est la pierre angulaire de l'État. <( Sitôt que les hommes vivent en société, il leur faut une religion qui les y mainlienne. Jamais peuple n'a subsisté ni ne subsistera sans religion; et, si on ne lui en donnait point, il s'en ferait une, ou serait bientôt détruit'' ». C'est ainsi, du moins, que Rousseau avait primitivement commencé sa dissertation sur la religion civile. En rédigeant son texte définitif, il préféra supprimer ce préambule de principe, et s'autoriser d'abord do considérations strictement historiques; mais le principe demeurera latent dans tout son exposé.
On s'explique cependant qu'il ait suioprimé ce préambule. Pour un lecteur du Contrat, qui s'est pénétré des premiers chapitres, et qui croit en avoir saisi la doctrine, ce recours formel à la religion ne laisse pas d'être une surprise. 11 semblerait que le pacte social dût se suffire à lui-même, et qu'il ne put y avoir, pour le citoyen, en dehors de ce pacte, d'autre fondement u à l'obligation d'êlre jusie ». Puisque l'Etat repose sur la volonté générale, qui « est toujours droite et tend toujours à l'utilité publique^ )>, cette volonté générale n'offre-t-elle pas au citoyen le point d'appui ([uil réclame? INIais la thèse fondamentale du Contrat n'est pas aussi certaine d'ellemême ciue l'assurance des formules pourrait le laisser
1. ¥!'■ et !'■<= Lettres de ta montagne, 111, 204, 123; Lettre à M. de Beuumont, 91, 9.3.