‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 135 sur 239 · Contrat social, III · texte numérisé non relu

Contrat social, III

croire. Ce qu'il avait tenté dans ce livre, c'était de résoudre ce grand problème poliliqne, qu'il comparait lui-même à celui de la « quadrature du cercle » : <( trouver une forme de gouvernement qui mette la loi au-dessus de l'homme • ». Il avait cru tenir la solution, le jour où il avait compris ce qu'était le pacte social, ce pacte idéal et informulé, mais implicite et nécessaire, où chacun des contractants « met en commun sa personne et toute sa puissance, sous la suprême direction de la volonté générale », et aliène tout ce qu'il a, tout ce qu'il est, au profit du tout 2. Les conséquences enfermées dans ces principes, Rousseau les avait développées avec une force rectiligne, qui donne l'impression d'un système très puissant et très un. 11 l'est, en effet; mais sa puissance et son unité sont toutes logiques : il représente un magnifique effort cérébral, qui semble avoir été fait dans le vide. L'auteur lui-même l'a senti, et, à plusieurs reprises, a trahi ses hésitations. Quand il s'était demandé : « par quel art inconcevable a-ton pu trouver le moyen d'assujettir les hommes pour les rendre libres..., d'enchaîner leur volonté de leur propre aveu..., et de les forcer à se punir eux-mêmes, quand ils font ce qu'ils n'ont pas voulu ) ■? — il avait l'épondu : « ces prodiges sont l'ouvrage de la loi. C'est à la loi seule que les hommes doivent la justice et la liberté: c'est cet organe salutaire de la volonté de tous qui rétablit dans le droit l'égalité naturelle entre les hommes; c'est cette voix céleste qui dicte à chaque citoyen les préceptes de la raison publique, et lui apprend à agir selon les maximes de son propre jugement, et à n'être pas en contradiction avec lui-même )>. Ici encore la loi semblerait jjien se suffire à elle-même, si déjà le mot de « voix céleste » n'était un peu plus qu'une métaphore, puisque ce panégyriste de la loi ne savait pas s'il devait voir en elle « la plus sublime de toutes les institutions humaines » ou « une inspiration céleste qui

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