V Lettre de la montagne
2. Cf., dans le premier chapitre de cet ouvrage, I, 13-16, les textes et les faits que j'ai rappelés.
3. Cf., sur le fond calviniste et genevois de la religion du Contrat social, le livre de Gaspard Vallette [607], 199-208.
200 LA u PROKESSION DE FOI » DE JEAN-JACQUES.
faut rappeler autour de lui les maîtres de son apprentissage intellectuel. Ouand il est arrivé chez Mme de Warens, parmi les quelques livres qui garnissaient la petite bibliothèque de sa chambre, il a remarqué les Devoirs de Chomine et du citoyen de Pufendorf '. Ce manuel de morale est devenu l'un de ses conseillers. C'est là qu'il a trouvé la distinction, décisive pour lui, entre la religion de « l'homme )> et la religion du « citoyen- » ; c'est là qu'il aurait appris, s'il ne l'avait su par ailleurs, que « la religion est le principal et le plus ferme ciment des sociétés », et que l'athée est un être insociable, monstrueux, dont l'État doit se délivrer ;
Quiconque nie rexistence de Dieu, disait Pufendorf. se rend coupable d'athéisme; et il ne lui servirait de rien d'alléguer, pour excuse, qu'il n'est point en élaldc comprendre la force des raisons dont on se sert pour prouver qu'il y a un Dieu, car, le genre humain étant, de temps immémorial, en possession perpétuelle de cette créance, si quelqu'un s'avise de la combattre, il faut non seulement qu'il détruise d'une manière solide et convaincante toutes les preuves du sentiment commun, mais encore qu'il apporte des raisons plus plausibles en faveur du sentiment particulier qu'il veut établir. Et. comme on a cru jusqi'ici que la conservation et le bonheur du genre humain dépendent de la persuasion de cette vérité, il doit faire voir en même temps que l'athéisme est plus utile à la société humaine (juele véritable culte de la Divinité. Ce qui étant impossible, il faut regarder avec une souveraine horreur, et punir des plus rigoureux supplices, l'impiété de ceux qui lâchent d'ébranler ou de détruire, de quelque manière que ce soit, l'opinion reçue de l'existence d'un Dieu'^
Barbeyrac, qui traduisit et annota Pufendorf, Barbeyrac, dont on sait quel excitateur il a été pour la pensée morale et politique de Bousseau '*, se déclare d'accoi-d avec Pufen-