Dialogues; Béoeries, IX
Peut-on dire cependant qu'il soit mort en « chrétien réformé », comme il l'avait assuré t«nt de fois '? L'hésitation est permise. Pendant quelques années après son ahdication de citoyen, il continue à protester « qu'il est bien résolu de vivre et de mourir dans la communion de son Église, s'il dépend de lui ^ ». Il déclare même à M. de Buttafoco : « quoi qu'il arrive, je ne veux pas changer de religion 3 ... Et plus affirmativement encore, environ six mois après que l'orage de Motiers était passé, ce protestant fidèle écrivait au chevalier d'Éon : <( Il est convenable que vous soyez aussi content de votre religion que je le suis de la mienne, et que nous restions chacun dans la nôtre en sincérité de cœur. La vôtre est fondée sur la soumission, et vous vous soumettez. La mienne est fondée sur la discussion, et je raisonne ^ )>. Mais cette déclaration, d'un ton très confessionnel encore, n'est pas, pour Jean- Jacques, le dernier mot de sa pensée religieuse. L'idée d'Église lui deviendra toujours plus étrangère, pour ne pas dire odieuse. Il reste « réforrné », si l'on veut, à condition que la Réforme devienne, en fait, ce qu'il a montré qu'elle devrait être, dans la 11^ Lettre de la montagne, et, qu'en face de la Bible, comme en face de Jésus, k elle tolère tontes les interprétations hors une, savoir celle qui ôte la liberté des interprétations"' ». De plus en plus, ce fils de Genève, qui, en abdiquant ses droits de citoyen, a renoncé à toute profession de foi expresse, se sent incapable d'accepter le symbole d'une Église, quelle qu'elle soit; (( toutes les formules, en matière de foi. ne lui paraissent qu'autant de chaînes d'iniquité^ »; et il a définitivement rompu avec « toute religion dogmatique où l'on fait l'essentiel non de faire, mais de croire"^ ». Selon lui, c'est