Id
3. Dialogues, IX, 249; cf. encore Rêveries, IX, 3o0 : « Jamais l'instinct moral ne m'a trompé ■>, etc.
daniinc, la croyance eu Dieu se heurte à des mystères, mais le matérialisme est un déO à la conscience et au bon sens :
Ici l'absurde et là rinexplicalile.
Il faut opler. L'absurde est incroyable.
Optons pour « l'inexplicable », en nous disant que notre esprit
Est, dans sa sphère, étroit et circonscrit,
et qu'il ne faut point s'étonner de ne pas comprendre le monde. « A^oilà, selon moi, ajoute Jean-Jacques à son interlocuteur, le sommaire de ce qui peut être dit de meilleur et de plus raisonnable sur ces matières ». II débite avec l'eu et avec foi ces vers innocents et résignés, et se refuse, pour sa part, à recommencer l'effort du Vicaire Savoyard K A la veille de sa mort, il écrira formellement : « Tombé dans la langueur et l'appcsantissement d'espril, j'ai oublié jusqu'aux raisonnements sur lesquels je fondais ma croyance et mes maximes; mais je n'oublierai jamais les conclusions que j'en ai tirées avec l'approbation de ma conscience et de ma raison, et je m y tiens désormais ^ .,. Il s'y tient, c'est-à-dire qu'il renonce à se servir d une raison- qui exige trop d'effort, et que, par principe, il se rejette sur le sentiment comme sur le seul appui solide. Ses dernières maximes sont d'un pur sentimental : « Toutes les vérités de l'esprit aboutissent à une vérité de sentiment, disait-il à Bernardin de Saint- Pierre; l'évidence en tout genre est une vérité de sentiment;... on cesse de sentir quand on commence à raisonner'' ».
Pratiquement, cette défiance de la raison se combine avec ses anciennes rancunes et ses nouvelles phobies de malade. L'auteur de la Profession de foi dénonçait déjà les méfaits