‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 172 sur 239 · Confessions, IX · texte numérisé non relu

Confessions, IX

3. On sait que c'est sous ce titre que ses dernières œuvres musicales ont paru après sa mort [18].

enquête de savant, mais les simples distractions d'une fantaisie contemplative. La musique, qu'il a tant aimée, surtout la sienne, n'a été qu'une l'açon de s'évader vers un monde irrationnel, où son imagination, son cœur et ses sens trouvaient leur enchanlemeut '. Pour la botanique, il convenait lui-même qu'il s'en était l'ait « i)lut(M un jeu d'enfant qu'une étude véritable »; il aimait se réjouir les yeux par la diversité des couleurs et la belle ordonnance d'un herbier, se distraire en promenade par celle recherche incertaine, errante et sans contrainte. « C'est la véritable occupation, disait-il, d'un corps ambulant et d'un esprit paresseux ». Les enfants cueillent volontiers des fleurs : « jusqu'à la fin de sa vie, Jean-Jacques ne cessera d'être un très vieux enfant- >.

Dans tous ces divertissemeids, qui valent moins par eux-mêmes que par les prolongements qu'ils offrent à la rêverie, il y a de la religion, s'il y a en eux comme une incessante invitation à pénétrer dans le mystère et la richesse déconcertante de la vie, à rompre le cercle des pensées étroites, pour chercher des émotions indéfinies. Mais il y avait des moments où les fleurs et les sons ne suffisaient plus à cette âme naturellement religieuse, et ne parvenaient plus à soulager son besoin d'adoration devant l'immensité et les merveilles de l'univers. Alors, comnje la vieille femme, dont il a parlé, qui, pour toute prière, ne savait dire que d, il se répandait en une extase <( d'admi-ration muette », et se laissait délicieusement aller à lémotion qui, de partout, lui montait au cœur "\ Déjà le Vicaire Savoyard avait « refermé tous les livres ». « 11 en est un seul, disait-il, ouvert à tous les yeux, c'est celui de la nature. C'est dans ce grand et sublime livre que j'apprends à servir et adorer sou divin auteur ''^)). C'est désormais le

1. Dialogues, IX, 243-244 ; Dictionnaire de masiciiie, art. Accent, VI, 329.

2. Dialogues, IX, 188, 192: Rêveries, IX, 378 et suiv., 384; lettre à Mme de Boufners, du 26 août 1764, XI, 165.

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