‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 177 sur 239 · Diiilogucs, IX · texte numérisé non relu

Diiilogucs, IX

lui-même, devient une pauvre petite chose gémissante et crispée, qui réclame un appui. Dans ce désarroi de tout l'être, une autre religion paraît, plus conforme aux idées traditionnelles que Jean-Jacques a reçues en dépôt : la religion commune au pasteur Lambercier, au P. Hemet, à Mme de Warens, à Ignacio Altuna, celle qui demande à la « main » mystérieuse d'où est venue « raflliction », de donner aussi « la force de la supporter ' ». L'expression est de Jean-Jacques; et elle traduit, en un langage tout chrétien, ce sentiment d'abandon à la Providence qui semble être devenu avec l'âge l'un de ses sentiments dominateurs -. L'étrange quatrain que, durant plus d'une année S il placera, en manière d'épigraphe à ses lettres, est un appel au « Ciel », qui doit « démasquer les imposteurs »; et c'est bien à la Providence môme qu'il veut confier sa justification et sa défense, quand, le 24 février 177G, il tentera de déposer le manuscrit des Dialogues sur le grand autel de Notre-Dame^. Depuis longtemps, il avait pris le parti « de se taire devant les hommes et de remettre sa cause entre les mains de Dieu, qui voyait son c<Fur » : « J'ai pleinement résigné mon sort, disait-il. dans les mains de la Providence ». Quelque nouvelle misère que put lui apporter la vie, il trouvait un réconfort dans une espérance que rien n'ébranlait, et il guérissait la tristesse présente par un : « la Providence y pourvoira •' ». Souvent, après avoir pris un plaisir maladif à se repaître de ses maux, à en exagérer la noirceur et les pitoyables amertumes, il concluait par la même affirmation de croyant : <i Je ne désespérerai jamais de la Providence, sachant bi^n qu'elle choisit son heure et non pas la nôtre », mais que

1. Lettre à sa tante Gonceru, du 10 janvier [1765] [261, 393.

2. Cf. Correspoj^dance, XI, 37S, 388, 417, 420, XII, 23, 51, 103, 170 186, 208, 220, VI, 72; Lettres à Mme Delessert [451, 61, etc.

3. Cf. la lettre à l'abbé M[aydieu], du 2 février 1770. et les lettres suivantes.

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