‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 18 sur 239 · Lettre du 13 janvier 1739, X · texte numérisé non relu

Lettre du 13 janvier 1739, X

précieux témoin. Elle est écrite après un pèlerinage à Mont-Louis, le 28 février 1758 : « Je suis parti consterné de votre situation, cher concitoyen d'un monde, hélas! oii l'on vous traite bien mal. David fit les psaumes de la pénitence dans un état de maladie comme vous, et je puis vous le proposer pour exemple, puisque vous lisez la Bible ' ». Pour une fois, Deleyre a bien compris Jean-Jacques. Ce persécuté, qui se croit abandonné de toute la terre, mais qui ne veut pas désespérer, retrouve, à sa façon, l'état d'àme du psalmiste. Nous le verrons bientôt, dans la Profession de foi, citer un verset du psautier national. C'est que, sans doute, il le reprend alors sur sa table, le feuillette aux heures d'angoisse, ou, si, comme on peut l'admettre, il le sait encore par cœur, il s'en redit à luimême les affirmations les plus confiantes, les appels les plus consolants :

Non pas pour moi, non pas pour moi, Seigneur, Mais pour ton nom, mais pour ton propre honneur, 0 Dieu, fais-moi revivre - !

fais-moi rendre justice, manifeste mon innocence; ne me laisse point accabler par les calomniateurs.

Ces méchants, dont la noire envie Fait des complots contre ma vie.

Tous m'ont fait le mal qu'ils ont pu ; A haute voix ils m'ont blâmé.

Et par leurs chansons diffamé.

De ces lions, délivre-moi.

Faible et seul, n'espérant qu'en toi.

Je regardais d'un œil jaloux L'état tranquille de ces fous, De ces méchants, qui, dans les vices, Trouvent leurs plus chers délices.

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