Lettre du 13 novembre
3. Nouvelle Héloïsc (VI, viii), V, 43 ; F'- Lettre de la montagne, III, 196; Dictionnaire de musique, art. Cantique, VII, 18-19 ; lettre citée à Saint- Brisson [26], 402.
4. Confessions, IX, 31-32; cf. XII, 272-283, et lettres au prince de Wirtemberg, du 18 février 176.J: à Du Peyrou, du 24 décembre 1765, XI, 222, 302.
n'abondaient pas, comme les nôtres, en commodités de la vie; de vils métaux ny suffisaient pas à tout; mais Ihommc avait des entrailles, qui faisaient le reste; l'hospitalité n'était pas à vendre, et l'on n'y trafiquait pas des vertus ' ». Ce sujet du Lévite, dont le « fond abominable » aurait pu le révolter, on s'explique cependant qu'il s'en soit laissé séduire. Il y trouvait d'abord cette « majesté des Écritures », qui « l'étonnait », ce grandiose, jusque dans l'horreur, qui devait plaire à son imagination; il y trouvait cette espèce d'héroïsme farouche et de sectarisme civique, dont le Contrat social nous donne parfois la sensation ; il trouvait enfin d'aimables tableaux, où l'innocence et la simplicité des champs prenaient, par contraste, des grâces nouvelles.
Le lévite était jeune et beau; la jeune fille sourit, ils s'unirent, puis il l'emmena dans ses montagnes. Là, coulant une douce vie, si chère aux cœurs tendres et simples, il goûtait dans sa retraite les charmes d'un amour partagé; là, sur un sistre d'or, fait pour chanter les louanges du Très-Haut, il chantait souvent les charmes de sa nouvelle épouse. Combien de fois les coteaux du mont Hébal retentirent de ses aimables chansons! Combien de fois il la mena sous l'ombrage dans les vallons de Sichem, cueillir des roses champêtres et goûter le frais au bord des ruisseaux ! Tantôt il cherchait dans les creux des rochers des rayons d'un miel doré, dont elle faisait ses délices; tantôt, dans le feuillage des oliviers, il tendait aux oiseaux des pièges trompeurs, et lui apportait une tourterelle craintive, qu'elle baisait en la flattant; puis, l'enfermant dans son sein, elle tressaillait d'aise, en la sentant se débattre et palpiter, a Fille de Bethléem, lui disait-il, pourquoi pleures-tu toujours ta famille et ton pays? Les enfants d'Éphraim nont-ils point aussi des fêtes? les filles de la riante Sichem sont-elles sans grâce et sans gaieté? les habitants de l'antique Atharot manquent-ils de force et d'adresse? Viens voir leurs jeux et les embellir. Donne-moi des plaisirs; ô ma bien-aimée! en est-il pour moi d'autres que les tiens 2?
"Voilà bien « la terre promise » de Jean-Jacques. Ce n'est