Lettre à M. de Fran(iuièros [47j
le parallèle. Mais, à tout le moins, il s'est rangé, sans hésiler. dans le martyrologe des grands hérauts de la Providence, de tous ceux que « la Providence a fait naître parmi les hommes, en les faisant d'une autre espèce qu'eux ' », de tous ceux qui avaient reçu d'elle la mission d'annoncer au monde les dures vérités salutaires, et qui souffrent persécution pour cette justice supérieure dont ils sont les messagers -. Job, dont il croyait avoir surpassé l'infortune ■', les prophètes d'Israël, dont il a repris pour son compte les lamentations et les espérances, Jeanne d'Arc, qu'il a su comijreiidre dans « le siècle malheureux » de la Pucelle, et dont il avait « dressé les autels » au fond de son co^ur % — voilà de quelle lignée spirituelle il se sent, a Non », disait-il à M. de Saint-Germain, qui voulait le détourner de venir à Paris se jeter dans les griffes de la u ligue ", » non. je ne trouve rien de si grand, de si beau, que de souffrir pour la vérité. J'envie la gloire des martyrs; si je n'ai pas en tout la même foi qu'eux, j'ai la même innocence et le même zèle ; et mon cœur se sent digne du même prix^ ». C'est dans cette attitude de « martyr pour la vérité » qu'il veut finalement se faire voir aux hommes, « vieillissant seul parmi tous ces forcenés, sans aucune consolation de personne, sans néanmoins perdre ni courage ni patience, et, dans l'ignorance où l'on le tient, élevant au ciel, pour toute défense, un co'ur exempt de fraude et des mains purgs de tout maP ».
C'est dans cette attitude qu'il est mort. Si l'on en croit le récit de Thérèse à l'abbé Brizard '. il se serait éteint comme sa Julie — avec, sans doute, moins d'optimisme,