‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 194 sur 239 · A LA VIE · texte numérisé non relu

A LA VIE

Oui, Thérèse ne se trompait pas : « il avait de la religion' )> ; mais lui-même avait trouvé une l'ormule plus exacte, quand il avait répondu à l'archevêque de Paris : (c Je dirai ma religion, parce que j'en ai une - ». C'est vraiment sa religion : elle n'est pas seulement son œuvre, elle a été la perpétuelle création de sa vie : souvent différente d'elle-même, en apparence, mais toujours d'accord avec les exigences de son fonds, sans être jamais audessous ni au-dessus d'elles. Pour reprendre un dédoublement, dont il a été le premier à se servir, la religion de Rousseau est la transposition métaphysique de la vie de Jean-Jacques. Ce serait donc une tentative superflue d'y chercher lunité d'un système. Autant vaudrait essayer de réduire et de comprimer en « système » ce que Montaigne appelait <( le mouvement inégal, irrégulier et multiforme » de la vie ^ Si la Profession de foi elle-même, qui

1. Notes de Tabbé Brizard [020], 107; cf. encore la lettre à Vernes, du 18 février 1758, X, 180.

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