‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 2 sur 239 · Gf. les aotes de son recueil épistolaire · texte numérisé non relu

Gf. les aotes de son recueil épistolaire

pour rinnocent opprimé ou contre le maniaque dangereux. De « parti », je n'ai pas ici à en prendre. Pour expliquer celui où je pourrais m'arrêter, il me faudrait tout un volume, qui serait hors de propos. Dans ce roman héroïque où la vie va engager Jean-Jacques, j'aurai seulement à dire ce que sa sensibilité religieuse y a gagné, et commeni, parmi des émois inconnus et régénérateurs, le besoin de Dieu a fortifié sa foi en lui.

Lorsqu'il décrivait à M. de Malesherbes la vie de l'Ermitage, plus de quatre ans après l'avoir quittée, Rousseau la simplifiait un peu. Pour y mettre une félicité parfaite, il la réduisait à des extases de solitaire dans une nature émouvante. Ce fut cela, sans doute, mais ce ne fut pas que cela. N'oublions point que cet ermite, qui se disait le cœur purifié de toutes les glorioles littéraires, entendait pourtant une dernière fois, — il le croyait, du moins, — demander à la littérature, et à l'argent qu'elle apporte avec elle, le suprême moyen de se libérer d'elle à tout jamais. Ce rêveur, qui s'est réfugié dans la forêt, n'a souvent, quoi qu'il en dise, que des yeux distraits pour « l'or des genêts et la pourpre des bruyères »; il achève en marchant la phrase qui n'avait pas trouvé son équilibre devant le papier; et parfois, s'il s'assied sous un arbre, c'est pour noter sur son carnet ce mot expressif qui le fuyait tout à l'heure et qui vient de s'offrir à lui*. Chez cet homme de la nature, l'homme de lettres continue à vivre ou plutôt à se survivre; et non pas seulement l'homme de lettres, mais le «. philosophe ». Les œuvres qu'il a mises en chantier dès son arrivée à l'Ermitage sont encore des œuvres toutes (' philosophiques », qu'il a conçues ou commencées à Paris, et qu'il continue de méditer ou de rédiger selon les recettes de Paris. L'une était cet u extrait » de l'abbé de

i.X, :i05-307; Cf. Confessions, VIII, 80, 249.

LA CRISE FINALE. b

Saint-Pierre qui lui avait été demandé par Mme Dupin, l'autre était ce grand traité des Inslitiitions politiques dont il portait en lui le projet depuis son séjour à Venise; la troisième était un bréviaire de philosophie physiologique, quil laissera inachevé, et dont il ne nous reste même plus les ébauches : La morale sensitive, ou Le matérialisme du sage^. De ces trois ouvrages, le premier, dans l'intention de Rousseau, ne devait être qu'un pur travail de librairie; et, s'il lui a permis peut-être de revenir sur certaines idées qui lui étaient chères, ce l'ut une bonne fortune imprévue. Quant aux deux autres, dans la mesure où nous pouvons nous représenter ce qu'ils étaient alors, on peut dire qu'ils gardent en eux, très visible, l'influence de la « philosophie ». Une première version du Contrat social, qui paraîl dater de cette époque, nous permet, je crois, de saisir en travail les incertitudes et les hésitations de sa pensée. Ce Contrat primitif, que ne termine pas encore le chapitre de la Religion civile, s'ouvre, au contraire, par un chapitre sur « la société générale du genre humain », qu'il a supprimé dans la rédaction détînitive, et qui aurait formé, en effet, une assez étrange avenue à la cité religieuse d'où les athées seront bannis comme « insociables- ». Ces considérations

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