‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 216 sur 239 · Lettre à M. de Beaumont, Jll · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Beaumont, Jll

La religion de J. J. Rousseau. — II. 18

274 LA i< PROFESSION DE FOI « DE JEAN-JACQUES.

c'est-à-dire parmi les méfaits de Tordre social'? Or l'auteur iVÉmile ne semble même pas se poser la question. Il déclare tout uniment que le polythéisme fut la religion primitive de l'humanité : « Durant les premiers âges, écrit-il, les hommes, effrayés de tout, n'ont rien vu de mort dans la nature...; ils ont ainsi rempli l'univers de dieux sensibles... ; tous les ouvrages de la nature et des hommes ont été les premières divinités des mortels; le polythéisme a été leur première religion et l'idolâtrie leur premier culte. Ils n'ont pu reconnaître un seul Dieu que quand, généralisant de plus en plus leurs idées, ils ont été en état de remonter à une première cause, de réunir le système total des êtres sous une seule idée et de donner un sens au mot substance, lequel est au fond la plus grande des abstractions ». Rousseau ajoutait même dans une rédaction manuscrite : (( Il serait difficile qu'un homme isolé pût jamais de luimême arriver jusque-là ^ ». Ainsi l'homme de la nature ne peut pas croire en Dieu. Ces idées sont connues : ce sont celles de Hume''; mais l'on ne s'attendait guère à les retrouver chez le « défenseur de la cause de Dieu «.

VÉinile et la Profession de foi, qui forment un tout bibliographique, ne forment donc pas un tout intellectuel. Mais ce n'est pas seulement dans YÉmile, c'est dans renscmblc du système de Rousseau que \a Profession de foi paraît faire enclave. Toute l'œuvre de Rousseau, si on la considère comme une œuvre d'hygiène morale, n'est-elle pas une

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