‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 225 sur 239 · Cf. le chapitre vi de la T" Partie, p · texte numérisé non relu

Cf. le chapitre vi de la T" Partie, p

3. J. Morel, Sources du ■■ Discours de l'inégalité ■> [600^''], l'J8.

ques, mais seulement des raisonnements hypothétiques et conditionnels, plus propres à éclaircir la nature des choses qu'à en montrer la véritable origine' ». Déclaration qui ne trompe personne, a-t-on dit'-; formule de courtoisie, pour ne pas heurter de front le récit de la Genèse. Mais on a vu la sincérij;é de son respect pour la Bible, même comme livre d'histoire. En « philosophe, chrétien », il aurait hésité à la contredire sur des faits : l'Essai sur rorigine des langues, qui fut d'abord, ne l'oublions pas, un w fragment « du second Discours, et qui en reste l'appendice nécessaire -^ doit nous aider à mieux l'interpréter. C'est aussi, d'ailleurs, dans un cadre d'histoire biblique que Grotius et Pufendorf avaient placé leurs représentations de « l'état de nature ^ » ; et ces représentations, d'une valeur également tout hypothétique, tout intellectuelle, ne prétendaient pas se substituer à l'histoire sacrée, ou même la compléter. Rousseau, qui les utilise, n'éprouve pas le besoin d'être plus révolutionnaire qu'eux. Si le mot fameux : « commençons par écarter tous les faits » n'avait été qu'une formule de prudence — prudence qui n'est guère dans le tempérament de Jean-Jacques — il ne l'aurait pas développé avec une telle insistance. C'est très sincèrement, je crois, qu'il donne ses « raisonnements » et ses « conjectures » pour des raisonnements et des conjectures de philosophe, non d'historien». Il ne s'agit pas tant, pour lui, de savoir quand et comment vivait l'homme primitif, ni même s'il a existé, que de savoir ce qu'est « l'homme originel, ses vrais besoins, les principes fondamenlaux de ses devoirs*^ ».

Sans doute, à la première page de son livre, l'auteur se

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