Lettre à Jacob Vernet, du 29 novembre 170(1, X
42 LA u PROFESSION DE FOI » DE JEAN-JACQUES.
Dans le nouvel ermitage de Montmorency, que les Luxembourg lui ont offert, il s'est refait des amis, moins célèbres, sans doute, que ceux d'autrefois, mais moins desjDotiques aussi, plus appropriés à ses besoins présents. Pour suppléer aux visites de Grimm et de Diderot, qui lui manquent, il s'en va causer avec les curés du voisinage, avec le « respectable pasteur » de Montmorency, dont le « zèle » l'édifie, et dont « l'exemple le rend meilleur' », avec l'abbé Maltor, curé de Grosley, dont la société est si « agréable )> et la conversation si « instructive- »; avec Tabbé Martin, curé de Deuil, auquel il devra peut-être d'avoir échappé aux huissiers du Parlement-'. Les oratoriens de Montmorency forment près de lui un petit groupe de gens cultivés et bons, vers lequel il s'est senti très vite attiré. On l'y a i-eçu, d'ailleurs, avec affection; et Mme de Verdelin pouvait lui écrire : « Vous êtes dans cette maison aussi cher qu'un affilié '" ». La veille môme du jour où le Parlement décréla de prise de corps l'auteur de VÉmile, il s'en était allé fort gaîment goûter sur l'herbe avec deux aimables compagnons, « professeurs oratoriens », le P. Mandard et le P. Alamanni. En attendant qu'il suspecte le P. Berthier, et qu'il croie apercevoir les manœuvres de la congrégation dans le complot qui opprimera sa vieillesse, il cf les aime, il les estime, il a toute confiance en eux'' »; et c'est probablement chez les oratoriens, héritiers intellectuels de Malebranche et défenseurs de l'activité