Lettre à Ttiérèse, du 17 juin 1762, X
2. Confessions, VIII, 361-362; lettres à Mme de Verdelin, des 25 novembre 1764 et 3 mars 1763 [23], 102, 127.
3. Cf. la lettre de l'abbé Martin au maréchal de Luxembourg dans mon Introduction h la Profession [47], p. liv.
4. Lettre du 26 septembre 1762 [27], 11, 483-484. — Cf. encore les lettres d'un homonyme, Rousseau de Nantes, qui avait été oratorien à Montmorency, et qui rappelle à Jean-Jacques le 18 mars 1761 et le 8 juillet 1763 [13], « l'estime » que celui-ci lui témoignait.
5. Confessions, VIII, 362-363, IX, 27; Dialogues, IX, 268; Rêveries, IX, 329. Il ne serait pas impossible que le P. Mandard eût connu l'épître de Jean-Jacques Aux religieux de la Grande-Chartreuse, et l'eût imitée : cf. mon Rousseau à la Grande-Chartreuse [42], 254-255.
du jugement contre la psychologie de Locke et de Condillac, qu'il a pris les arguments spiritualiStes dont il a battu Helvetius'. Ce n'est pas, faut-il le dire, que Jean- Jacquos adopte tout leur credo; il ne leur cache ni ses réserves ni ses hésitations 2; mais il estime tous ces braves gens, dont la sûreté dans le commerce le console des trahisons récentes; et peut-être déjà pressent-il en eux des alliés contre les « philosophistes » du lendemain.
Au demeurant, pas plus avec eux qu'avec ses amis d'autrefois, il ne cherche les discussions dogmatiques. Plus que jamais elles lui paraissent vaines. Il s'est fait une foi; il goûte le bien-être de la certitude; ni ne souffre plus qu'elle soit mise en question. Au moment où il vient de clore sa pénible enquête religieuse, où sa brouille avec les encyclopédistes vient de déplacer le centre, et presque de changer la couleur de sa vie, ceci seul le soulage : de sentir qu'il a trouvé « sa » vérité ■■*, et de sentir que cette vérité n'est pas provisoire, mais qu'elle restera pour toujours la sienne. Quand dom Deschamps viendra, en 1701, lui proposer son audacieuse métaphysique, il lui fera un très courtois accueil, mais se refusera catégoriquement à discuter avec lui le fond de son système^. A tous ceux qui voudront désormais conquérir son intelligence, il opposera la même fin de non-recevoir. Après l'épuisant effort qu'il vient de fournir, la première règle d'hygiène morale qu'il s'est imposée, c'est de « ne plus disputer jamais >> : « Pour moi, dit-il, ce n'est qu'après bien des années de méditation que j"ai pris mon parti : je m'y tiens, ma conscience est tranquille, mon cœur est content. Si je voulais commencer un nouvel examen de mes sentiments, je n'y porterais pas un plus pur amour de la vérité, et mon esprit déjà moins actif serait moins en état de la connaître. Je resterai