‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 26 sur 239 · Lettre à dom Deschnmps, du 2.5 juin · texte numérisé non relu

Lettre à dom Deschnmps, du 2.5 juin

comme je suis ' ». C'est le Vicaire qui termine ainsi son discours; mais c'est Jean- Jacques qui parle derrière lui. Ne voyons point dans cette conclusion un procédé littéraire pour arrêter un débat, mais une résolution qui engage tout l'homme. Nous verrons qu'il y restera fidèle; quelques mois à peine avant sa mort, il pourra s'en donner à lui-même le témoignage : c Après, disait-il, les recherches les plus ardentes et les plus sincères qui jamais peut-être aient été faites par aucun mortel, je me décidai pour toute ma vie sur tous les sentiments qu'il m'importait d'avoir.... Le résultat de mes pénibles recherches fut tel, à peu près, que je l'ai consigné depuis dans la Profession de foi du Vicaire Savoyard.... Depuis lors, resté tranquille dans les principes que j'ai adoptés après une méditation si longue et si réfléchie, j'en ai fait la règle immuable de ma conduite et de ma foi, sans plus m'inquiéter ni des objections que je n'avais pu résoudre, ni de celles que je n'avais pu prévoir et qui se présentaient nouvellement de temps à autre à mon esprit ^ ». La Profession de foi marque, en effet, pour Jean-Jacques, le commencement de la cristallisation intellectuelle. Son évolution religieuse est maintenant terminée. Il pourra, suivant les suggestions du moment et les besoins de la polémique, mettre l'accent sur le doute ou sur la confiance, sur le rationalisme ou sur l'humble soumission d'esprit ; mais, dans le fond, son attitude en face de Dieu ne changera plus. Son système est arrêté. Sa vie religieuse a trouvé jusqu'au bout sa ligne et son élan. 11 peut, en toute sécurité et toute fierté, proclamer à ceux qui l'attaquent : « Je dirai ma religion, parce que j'en ai une ^ ».

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