‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 27 sur 239 · AVANT LA (( PROFESSION DU VICAIRE · texte numérisé non relu

AVANT LA (( PROFESSION DU VICAIRE

L'homme qui écrira les Confessions a toujours eu le besoin de se raconter, et même de s'exhiber. Ce qui a été, par instants, chez lui une perversion physique ^ correspond à un besoin profond de Tàme. Ses premières lettres sont des confidences; et l'on devine qu'il ne les fait pas seulement par plaisir : il lui semble qu'il se doit à luimême, et qu'il doit davantage aux autres, de se faire connaître tel qu'il est -. Vitam impendere vero sera la maxime de son âge mûr. Il la pratiquait depuis longtemps, si c'est déjà servir la vérité que se montrer soi-même dans sa réalité. « Sur tout sujet important à la société, je sais, dira-t-il vers la quarantaine, que nul ne peut refuser une déclaration de ses sentiments, aussitôt qu'on la lui demande-^ », Pour remplir ce qu'il considérait comme un « devoir », il n'attendait pas qu'on lui posât des questions : il les devançait ; et ce ne sont pas « les déclarations de ses sentiments » qui manquent dans son œuvre et dans sa vie, même jusqu'à la Profession du Vicaire.

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