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qu'ils le sentent aussi;... si vous sentez que j'ai raison, je n'en veux pas davantage' ». C'est précisément la formule que reprendra le Vicaire-; mais il aura beau dire alors, il se souciera davantage de l'opinion des « philosophes », et tâchera de leur présenter un corps de doctrine qui [juisse résister à leur critique. Ici, au contraire, celte formule est la vérité même; car le directeur de Sophie ne se lasse point de manifester son indifférence métaphysique, qui semble bien n'être d'aboi'd qu'une forme de son impuissance. « En philosophie, dit-il, substance, âme, corps, éternité, mouvement, liberté, nécessité, contingence, etc., sont autant de mots qu'on est contraint d'employer à chaque instant et que personne n'a jamais conçus.... Il faut finir par où Descartes avait commencé. Je pense, donc j'existe, voilà tout ce que nous savons "* )>.
Mais, comme il est naturel à un esprit qui est encore sans système, c'est en vain qu'il méprise les systèmes des autres, il en reste le débiteur; il se refuse à leur séduction, mais il leur demande des armes, quand il veut dénigrer l'intelligence et notre pouvoir de connaître : c'est ainsi que, pour ruiner l'intellectualisme cartésien, il acceptera la critique de Locke, et semblera convenir avec lui que « lessence de l'âme ne consiste point dans la pensée », alors que le Vicaire Savoyard traitera simplement d'absurde l'hypothèse d'une matière pensante^. Il accepte aussi les objections des « philosophes » contemporains contre la suprématie de l'homme dans l'univers; et, par tous les arguments qu'ils lui fournissent, il nous prêche l'humilité : « Soyons humbles de notre espèce », comme nous devons l'être de notre intelligence. Ne parlons point de Vinstinci des animaux, « mot inintelligible », dont l'orgueil humain essaie de masquer son incompréhension d'une vie qui n'est pas