‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 34 sur 239 · F« Lettre · texte numérisé non relu

F« Lettre

2. IVc Lettre [26], 165; VI<^ Lettre [47], 490; Profession de foi [47],

LES PREMIERES « PROFESSIONS DE FOI ». b9

est à nos âmes comme un (( instinct divin » et infaillible, par où l'homme, tout ignorant et borné qu'il soit, se trouve porté au niveau des dieux K Les Lettres se terminent sur des conseils pratiques, où le directeur de Sophie lui explique en détail ce que, dans son cas particulier, la conscience réclame d'elle.

En relisant, quelques mois plus tard, ces deux dernières lettres sur la conscience et l'universalité de la loi morale, l'auteur de la Profession de foi les trouvera si propres à son nouveau dessein, qu'il leur empruntera des pages entières, et qu'il redira au « bon jeune homme » de Turin, au disciple idéal, qu'il a pris désormais pour confident, les paroles émues dont Sophie avait eu la primeur-. C'est, du reste, dans la Profession de foi qu'il faut chercher la suite de ces Lettres. A l'endroit où elles s'arrêtent, elles ne me paraissent pas avoir rempli tout le programme qu'elles devaient comporter. Ce n'est pas seulement la sixième Lettre qui reste inachevée; c'est la série qui n'est pas complète. Les considérations particulières y baignent dans une atmosphère religieuse; et il semblait bien que la foi en la conscience dût conduire jusqu'à Dieu l'âme qui l'avait prise pour guide. Mais nulle part encore, ces suprêmes affirmations du sentiment ne sont posées. Rousseau les réservait, sans doute, comme couronnement de sa direction, pour les dernières lettres, qu'il ne rédigea point. Se lassa-t-il d'écrire? trouva-t-il un accueil insuffisamment compréhensif et chaleureux? ou plutôt abandonna-t-il ces premières esquisses, parce qu'il entrevoyait déjà d'autres œuvres où il pourrait s'expliquer plus librement, — je le croirais volontiers.

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