‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 35 sur 239 · V Lettre · texte numérisé non relu

V Lettre

2. Profession de foi [47], 2.34, note; Introduction, p. lvu-lviii

Il achevait, en effet, sa Julie; et, si les dernières parties n'en étaient pas encore rédigées, il pressentait assez ce que serait l'œuvre, pour savoir qu'il pourrait s'y mettre tout entier. Le problème moral, qui en faisait le centre, non seulement autorisait la recherche religieuse, mais semblait y inviter. En même temps, le cadre épistolaire et dramatique du roman lui permettait de rendre sous tous leurs aspects les hésitations et, parfois, les contradictions apparentes de ses croyances, sans pourtant laisser douteuse leur orientation générale. Il y a une « profession de foi » latente qui se dégage de la Nouvelle Héloïse pour tout lecteur averti; mais, çà et là, il y a des déclarations et des discussions plus explicites. Jean-Jacques, en faisant parler complaisamment les personnages de son imagination, a voulu surtout soulager son cœur et se révéler lui-même. Et, par exemple, dans les discours — les longs discours, — de Julie mourante, il y a bien peu d'affirmations que le Vicaire Savoyard n'eût pas cru pouvoir prendre à son compte, quoiqu'il les eût présentées peut-être sur un autre ton. C'est, d'ailleurs, ce que Rousseau reconnaissait lui-même, c On trouve dans VÉinile, disait-il, la profession de foi d'un prêtre catholique, et dans VHéloïse celle d'une femme dévote. Ces deux pièces s'accordent assez pour qu'on puisse expliquer l'une par l'autre ' »; et, plus formellement encore dans les Confessions : « La profession de foi de cette Héloïse mourante est exactement la même que celle du Vicaire Savoyard - ».

Enfin, dans la Lettre à D'Alembert, — dans cette espèce d'intermède, tout pénétré de l'esprit de la Nouvelle Héloïse, et, en quelque sorte fragment anticipé de l'œuvre qui

1. Lettres de la montagne, lll, 123; cf. encore Id., 173, noie.

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