‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 37 sur 239 · Lettre à M. de Beauntont, III, 02-6.Î · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Beauntont, III, 02-6.Î

repoussent, en en faisant des hérétiques malgré eux, on les compromet devant toute la chrétienté protestante, on rend leur foi suspecte et leur ministère inefficace. En outre, si libérale ou si accommodante que puisse être la théologie socinienne, c'est encore une théologie; et ce dont Jean- Jacques féliciterait plutôt ses pasteurs, c'est de s'être résignés, de bonne grâce, à ne plus faire figure de théologiens, pour devenir surtout, comme le désirait Tabbé de Saint-Pierre « un corps d'officiers de morale et de ministres de la vertu ^ ». Au reste, la Vénéi^able Compagnie avait pris soin elle-même de sa réputation; et \si Déclaration, qu'elle avait fait paraître peu avant la Lettre à D'Alembert- — Rousseau le reconnaît lui-même — « rendait le début de sa Lettre entièrement superflu » » ; mais il tenait à parachever l'éloge qu'il avait fait d'eux dans cette Dédicace du second Discours, où il avait vanté, sur le mode lyrique, leur douceur, leur humanité, leur <( vive et douce éloquence », « la sainteté de leurs mœurs », et cette paix intérieure que leur christianisme tolérant valait à la république K II voulait les caresser, les flatter, les citer, faire sentir qu'il avait des amis parmi eux, et se ranger derrière eux, en citoyen plus encore qu'en fidèle. Car dans cette Lettre, où il semble faire profession du christianisme réformé, puisqu'il classe « les mystères admis dans les communions protestantes » parmi les « vérités incompréhensibles et pourtant incontestables ^ », il laisse voir assez clairement tout ce qu'il y a désormais, dans son esprit, d'invincible rationalisme.

En s'adressant à D'Alembert, a-t-il subi la contagion de ses idées? Voulait-il prévenir toute équivoque sur ses

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